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Silences et dédicaces dans les vers d’Henri Meschonnic. Atelier de lecture-traduction

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Marcella Leopizzi

À côté des blancs marquant des pauses et des blancs renvoyant à des « non-dits », voire à des « non-mots » et à des « avant-mots », de nombreux silences habitent la parole des poèmes d’Henri Meschonnic et participent d’un mouvement-dialogue-dédicace inachevé-inachevable. Suggérée du premier au dernier recueil, cette recherche-dédicace est tellement originale qu’elle est pensée par des expressions néologiques (« et je visage de toi / comme tu visages de moi ») qui relèvent de l’esprit créateur et novateur de ce poète. Strictement liés entre eux, sans commencement ni fin, tous ses recueils expriment l’amour pour la vie et confient à la Poésie la tâche de l’orientation et du salut possible : c’est au Poète de répandre la lumière, même, sur les yeux aveugles … c’est au Lecteur de se laisser illuminer et de vivre poème.

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Introduction

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Loin d’être tout simplement l’antagoniste du son, le silence est une compo- sante fondamentale du langage qui contribue à faire jaillir les pensées et les sentiments les plus cachés et inconnus. Il accède au ‘discours profond’ de l’âme, autrement dit il met à nu une dimension, un espace intérieur où s’en- racine et s’exprime la voix la plus intime de l’Homme1. Pour cette raison, pour se recueillir en signe d’hommage, on observe une minute de silence. Le silence relève, d’ailleurs, d’une attitude de respect – d’où l’expression « silence religieux » – et il favorise la purification des sens et, par conséquent, la méditation. C’est pourquoi la tradition mystique envisage le silence comme l’espace ineffable apte à communiquer avec la transcendance. Dans cette optique, en effet, dans le premier chapitre des Pensées, Pascal considère le silence comme la voie de la contemplation spirituelle, si ce n’est la voie de la connaissance de soi- même et de tout ce qui caractérise les méandres les plus secrets du moi. Dans la pratique bouddhiste Zen, le silence joue également un rôle im- portant, car il sert à combattre de façon pacifique les interrogations de l’être humain sur la vie et la mort ainsi qu’à connaître son moi profond et à trouver la paix intérieure en se concentrant sur l’instant présent. Le silence provoque, le déclenchement de certains sentiments restés si- lencieux en présence des ‘bruits’ quotidiens, comme le met...

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