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Silences et dédicaces dans les vers d’Henri Meschonnic. Atelier de lecture-traduction

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Marcella Leopizzi

À côté des blancs marquant des pauses et des blancs renvoyant à des « non-dits », voire à des « non-mots » et à des « avant-mots », de nombreux silences habitent la parole des poèmes d’Henri Meschonnic et participent d’un mouvement-dialogue-dédicace inachevé-inachevable. Suggérée du premier au dernier recueil, cette recherche-dédicace est tellement originale qu’elle est pensée par des expressions néologiques (« et je visage de toi / comme tu visages de moi ») qui relèvent de l’esprit créateur et novateur de ce poète. Strictement liés entre eux, sans commencement ni fin, tous ses recueils expriment l’amour pour la vie et confient à la Poésie la tâche de l’orientation et du salut possible : c’est au Poète de répandre la lumière, même, sur les yeux aveugles … c’est au Lecteur de se laisser illuminer et de vivre poème.

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III La force du dire néologique. Quelle traduction sans trahison ?

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Un trait important propre à la poésie meschonnicienne concerne les néo- logismes dans le sens de nouveaux mots et de nouvelles expressions : FIƭƝƯƲQpRQRXYHDXHWƫƼƣƯƲORJRVGLVFRXUVSDUROHORJLTXH&HVFUpD- tions sont la conséquence d’un dire spontané et d’une nécessité d’exprimer de façon rapide et efficace ce dont il est question et, donc, de rapporter exactement ce que le je- lyrique veut dire : sans rien changer, parce que toute transformation voire adaptation modifierait le signifié. À la base de ces néo- logismes, il y a ainsi non seulement un nouveau dire mais aussi un nouveau penser et sentir. Tout au long de ses poèmes, Meschonnic attribue la fonction verbale à des pronoms (je toi), à des substantifs (je jour, je nuit), à des adverbes (je encore et encore) ; de même, il fait jouer la valeur de substantif à des ad- verbes (mon encore et encore), à des adjectifs (le nulle part), à des verbes (les confondus). Qui plus est, il forge des verbes en mettant le suffixe « er » à des substantifs (verber), et en plaçant avant la forme de l’infinitif les pré- positions « entre » (entreparler) et « sur » (surattendre), ainsi que les préfixes « dé » (dévivre), « dés » (désenfanter), « ré » (réenfanter). En outre, il crée des substantifs en modifiant des mots existants (désencontre, non- mots). Enfin, Meschonnic joue fréquemment avec la syntaxe : « je me moi », « je nous vais de vie en vie », « je nous dors », « je me dors ». Aussi pourrait- on presque dire qu’il fait ‘sortir’ la langue...

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