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Intellectuels, artistes et militants

Le voyage comme expérience de l’étranger- Avec une préface de Gilles Bertrand

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Edited By Anne Dulphy, Yves Léonard and Marie Anne Matard Bonucci

« Écrire le voyage, c’est transformer l’expérience en conscience » notait André Malraux. Plus que pour la chronique des déambulations qu’il contient, le récit de voyage est un outil particulièrement précieux pour bâtir une histoire des représentations et des relations culturelles internationales.
Les voyageurs artistes, intellectuels et militants politiques présentent un intérêt spécifique car ils prolongent souvent leur expérience par un acte de création artistique, littéraire ou testimonial. Éducatif, érudit ou humaniste, leur voyage doit contribuer à produire un savoir sur le monde et sur soi ; il est d’abord la quête d’un « signalement de l’univers », pour reprendre la formule de Théophile Gautier qui fut lui-même un grand voyageur.
Dans cet ouvrage, l’expérience du voyage importe donc surtout comme pratique et comme moment de confrontation avec une culture et une société étrangères. Il s’agit d’observer de quelle façon le déplacement dans un pays étranger, sa découverte ou redécouverte, orientent la perception de l’autre pays. Trois aires culturelles, outre la France, ont été privilégiées, chacune – Italie, Espagne, monde lusophone – ayant construit une identité forte autour du voyage et de la mobilité.

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DEUXIEME PARTIE: ENTRE VOYAGE, CONTRATNTE ET EXIL

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DEUXIEME PARTIE ENTRE VOYAGE, CONTRAINTE ET EXIL Le « non-voyage » des exiles politiques portugais Cristina CumAco Maitre de conferences äl'Universite Paris VIII Le voyage en France des exiles portugais a plutöt ete un « non- voyage » car il y eut un refus collectif de l'espace geographique oü ils s'installerent pendant cinq ans, jusqu'ä leur depart vers l'Espagne repu- blicaine en 1931-1932. Si les exiles etaient physiquement en France, ils restaient en esprit au Portugal, d'oü les caracteristiques sui generis de cet exil. Leur sejour etait domine par l'idee de la restauration de la Republique (renversee par le coup d'Etat du 28 mai 1926), idee qui tournait ä l'obsession. Leur lutte depuis l'etranger pour mieux lutter contre la dictature passait inevitablement par la « revolution » (ä prendre au sens portugais : mouvement militaire contre le regime en place). L'exil etait donc vu comme une base d'action ä l'arriere. Mais ce « non-voyage » des exiles portugais decoule egalement de la deception ressentie face ä l'accueil de l'opinion publique fran9aise, qui ebranle leur croyance dans la « patrie des droits de l'Homme ». L'indif- ference ä leur egard est percue comme de l'hostilite ; les exiles vont plaider leur cause dans un pamphlet redige en fran9ais et intitule La Lutte pour la liberte au Portugal, sa portee universelle. Ce que veulent les liberaux portugais'. Ce fut la seule fois oü les exiles portugais sortirent de leur reserve pour exprimer leur deception face ä l'accueil de la France. La legerete, voire la moquerie, avec laquelle la presse radicale (de laquelle ils etaient politiquement plus proches) traite les...

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