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Un projet pour l’Europe

Georges Pompidou et la construction européenne

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Eric Bussière and Émilie Willaert

À la différence de son prédécesseur, Charles de Gaulle, Georges Pompidou a appréhendé le projet européen non seulement dans sa relation avec le fait national, mais également en lui-même. L’originalité de sa pensée est présentée dans cet ouvrage qui réunit ses interventions publiques mais aussi une large sélection de documents issus des archives de la Présidence de la République, annotés par Georges Pompidou et souvent inédits.
Dès l’époque de la crise de la chaise vide, en 1965, Georges Pompidou constate que l’insertion de la France dans la Communauté est un processus irréversible sur lequel il faut s’appuyer. C’est ce qu’il cherche à faire en associant l’intérêt national dont il avait la charge au potentiel offert par la Communauté. Il le fait dans le domaine économique et monétaire, en politique étrangère, hautement symboliques des rapports de force avec l’Amérique, en impulsant de nouvelles politiques communes. Il rejoint cependant le Général en cherchant à promouvoir une « Europe européenne », ce qui le conduit à émettre des réserves quant aux évolutions institutionnelles souhaitées par les partenaires de la France.
Cet ouvrage montre également que la démarche de Georges Pompidou relève d’une vision fort ancienne de l’identité européenne, fondée sur la conscience de l’existence d’une civilisation commune. De cette vision, découle une ligne d’action spécifique et une démarche européenne originale appuyée sur la volonté d’échapper à tout déterminisme, et à ne s’engager que dans un projet totalement assumé. Georges Pompidou était bien porteur d’un projet pour l’Europe.

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TROISIÈME PARTIEDIFFICULTÉS ET LIMITES D’UN PROJET

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TROISIÈME PARTIE DIFFICULTÉS ET LIMITES D’UN PROJET 293 Introduction à la troisième partie Si les deux dernières années du mandat de Georges Pompidou semblent marquées par une baisse d’intensité de la dynamique euro- péenne impulsée en 1969, ce n’est qu’illusion. En effet, il convient de ce point de vue, de distinguer le court terme du long terme. Certes, les affaires strictement communautaires s’effacent, pour partie. Plusieurs dossiers piétinent et l’ajustement des intérêts entre partenaires européens devient plus difficile. La montée en puissance des difficultés écono- miques confirme cet état de fait au cours des années 1970. En revanche, les impératifs politiques dominent les préoccupations européennes de Georges Pompidou, la coopération politique et les modalités de sa mise en œuvre passant au premier plan. Le conflit israélo-arabe d’octobre 1973 et ses conséquences énergétiques fournis- sent ainsi l’opportunité de redéfinir la nature des relations avec les États- Unis et le rôle de l’Europe dans le monde. Le résultat de cette ultime tentative de Georges Pompidou semble, à court terme, bien modeste. L’équilibre entre les préoccupations d’ordre communautaire et le rôle de l’Europe dans le monde, fait en réalité partie de la vision qu’a Georges Pompidou du projet européen depuis les années 1960. Cette vision s’affirme, notamment à travers la Déclaration d’identité euro- péenne, publiée à l’occasion du sommet de Copenhague, en...

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