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De mémoire et d’oubli : Marguerite Duras

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Edited By Christophe Meurée and Pierre Piret

« Il fallait un jour entier pour entrer dans l’actualité des faits […]. Il fallait un deuxième jour pour oublier, me sortir de l’obscurité de ces faits […]. Un troisième jour pour effacer ce qui avait été écrit, écrire. » Durant plus d’un demi-siècle, Marguerite Duras a entrelacé sa vie et son œuvre à l’Histoire, empruntant des voies qui rendaient poreux le réel et la fiction. Ce mouvement complexe ne peut se détacher, comme l’écrivain le précise elle-même, de l’articulation entre la mémoire et l’oubli. Les textes rassemblés ici partagent l’objectif de faire toute la lumière sur ces problématiques qui constituent l’un des piliers de l’œuvre durassienne, des Impudents à C’est tout.
Le présent ouvrage est issu du colloque international « Marguerite Duras : desseins de mémoire et d’oubli » qui s’est tenu à l’Université catholique de Louvain (Louvain-la-Neuve, Belgique) du 2 au 4 mars 2006, à l’occasion du dixième anniversaire de la mort de l’écrivain.

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DEUXIEME PARTIEDE L'HISTOIRE PERSONNELLE Ä L'HISTOIRE MONUMENTALE

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DEUXIEME PARTIE DE L'HISTOIRE PERSONNELLE Ä L'HISTOIRE MONUMENTALE « Creuse en son centre d'un trou » L'oeuvre durassienne et la mort du pere Catherine RODGERS University of Wales (Swansea) Dans Les parleuses, Marguerite Duras confie ä Xaviere Gauthier : « j'ai jamais cherche ä savoir pourquoi je tenais mon nom dans une teile horreur que j'arrive ä peine ä le prononcer. Je n'ai pas eu de pere » et precise : « Enfin, je l'ai eu tres peu... suffisamment longtemps » (P, p. 23-24). Meme si l'on sait que Duras a perdu son pere tres jeune — elle avait Sept ans — on ne peut qu'etre surprise, comme l'est d'ailleurs Xaviere Gauthier, par la force du deni et l'agressivite de la fille vis-ä-vis de son pere. Pendant longtemps, les critiques ont suivi l'interdit de Duras : il ne fallait pas aller chercher du cöte du pere pour comprendre. Cette tendance s'inscrivait aussi dans les grandes directions des etudes feministes des annees soixante-dix qui s'interessaient surtout ä la relation mere/fille et ä l'ecriture feminine. L'article de Francois Peraldi en 1984 ouvre une breche dans ce respect de l'interpretation par Duras de la place du pere dans sa vie/auvrel. Depuis, plusieurs critiques se sont pose la question du pere dans la vie/Fauvre de Duras2, et la publication recente du texte inedit sur la mort du pere la relance avec acuite (CG, p. 369-371). Avec leur aide, j'aimerais depasser ce deni, PERALDI, Francois, « L'attente du pere : incidence d'une interpretation sur l'ceuvre de Marguerite Duras », Etudes freudiennes, 23, avril 1984, p. 25-41, trad. par C. Duncan, in Sanford Scribner Ames,...

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