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De mémoire et d’oubli : Marguerite Duras

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Edited By Christophe Meurée and Pierre Piret

« Il fallait un jour entier pour entrer dans l’actualité des faits […]. Il fallait un deuxième jour pour oublier, me sortir de l’obscurité de ces faits […]. Un troisième jour pour effacer ce qui avait été écrit, écrire. » Durant plus d’un demi-siècle, Marguerite Duras a entrelacé sa vie et son œuvre à l’Histoire, empruntant des voies qui rendaient poreux le réel et la fiction. Ce mouvement complexe ne peut se détacher, comme l’écrivain le précise elle-même, de l’articulation entre la mémoire et l’oubli. Les textes rassemblés ici partagent l’objectif de faire toute la lumière sur ces problématiques qui constituent l’un des piliers de l’œuvre durassienne, des Impudents à C’est tout.
Le présent ouvrage est issu du colloque international « Marguerite Duras : desseins de mémoire et d’oubli » qui s’est tenu à l’Université catholique de Louvain (Louvain-la-Neuve, Belgique) du 2 au 4 mars 2006, à l’occasion du dixième anniversaire de la mort de l’écrivain.

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TROTSIEME PARTIEVIRTUALITES DE LA MEMOIRE ET DE L'OUBLI

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TROISIEME PARTIE VIRTUALITES DE LA MEMOIRE ET DE L'OUBLI Les entrelacs de la memoire Ecritures, corps et histoire(s) Julie BEAULIEU Universite de Montreal Marguerite Duras a toujours entretenu un rapport particulier avec le cinema. Elle affirme d'ailleurs dans Les yeux verts, numero special des Cahiers du cinema : « Je suis dans un rapport de meurtre avec le cinema. J'ai commence ä en faire pour atteindre l'acquis createur de la destruction du texte » (YV, p. 76). C'est sans aucun doute dans Les yeux verts que Duras discute ce type de cinema qui est le sien, un cinema different qui prend forme presque exclusivement dans son rapport avec le texte, qui souvent le precede. Avant-gardiste pour certains, experi- mental pour d'autres, l'autre cinema' se joue consciemment, chez Duras, ä l'oree de l'intime et du politique comme aux frontieres de l'oubli, rappel de l'Histoire. Les yeux verts eveillent chez le lecteur-spectateur durassien des souvenirs litteraires et filmiques parmi lesquels les Aurelia (Melbourne, Vancouver et Paris). Les deux voix, ä peine distante (un an seulement separe la publication des Aurelia des Yeux verts) se font echo, se repondent, se completent. Les reverberations du passe frappent le corps d'Aurelia, corps-memoire, comme elles ont frappe les parois de la grotte des Mains negatives, empreintes de fragments de vie, d'une histoire. La voix durassienne se fait effectivement Histoire. Certains textes, plus que d'autres, font directement appel ä la memoire. « La solitude », « La penetration du corps d'Aurelia Steiner », « Le livre. Le film », « Aurelia Aurelia quatre », « Steiner » et Je fais ici reference ä « L'Autre...

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