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L’Europe mise en réseaux

La France et la coopération internationale dans les postes et les télécommunications (années 1850-années 1950)

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Léonard Laborie

Rien ne paraît aujourd’hui plus simple que d’envoyer une carte postale depuis l’étranger ou de joindre par téléphone les antipodes. Les réseaux de communication, postaux ou électriques, s’affranchissent non seulement des distances, mais des frontières. Cet état de fait n’a rien de naturel ou de techniquement déterminé. Pour lui donner la forme qu’il a prise, il a certes fallu des moyens matériels, révolutionnés au cours des innovations, mais aussi des accords politiques et techniques.
Le présent ouvrage est le premier à proposer une histoire, de l’intérieur et dans la longue durée, de la coopération qui a ainsi canalisé l’expansion internationale des flux d’information depuis la seconde moitié du XIX e siècle. En suivant les acteurs français, il plonge dans l’espace méconnu des organisations techniques internationales, avec leurs débats feutrés aux lourds enjeux économiques et symboliques, où se sont articulés de manière originale la souveraineté des Etats, le service d’un public transnational et un idéal de rapprochement des peuples. Récit de la mise au monde des réseaux, c’est aussi celui de la mise en réseaux d’une Europe où les frontières sont moins des barrières que des franchissements. Avec au cœur, à la charnière du technique et du diplomatique, la communauté discrète et puissante des experts.

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CONCLUSION DE LA DEUXIÈME PARTIE 269

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269 Conclusion de la deuxième partie Trois évolutions corrélées caractérisent la période par rapport à la précédente : - la première est la dissociation de l’universel et de l’européen du fait de l’émergence des États-Unis. Les institutions de coopération interna- tionale ne disparaissent pas malgré les tensions et les crises ouvertes. Les Unions survivent à la Première Guerre mondiale et continuent même de s’étendre. En 1929, l’Union postale supprime la clause relative aux relations avec les non membres, devenue sans objet du fait de son extension1. Les États-Unis se rapprochent des Européens pour participer à la régulation du spectre des fréquences. Le consensus qui s’est construit a révélé une capacité à l’entente, mais aussi des divergences de cultures et d’intérêts de part et d’autre de l’Atlantique, annonciatrices de nouveaux équilibres. Si la perspective universaliste est donc en un sens pleinement réalisée, le poids des États-Unis sans précédent dans l’histoire met un terme à la synonymie entre l’universel et l’européen ; - la deuxième est que la dimension régionale prend de la consistance dans cette organisation mondiale des réseaux de communication. La faille qui s’ouvre entre l’universel et l’européen laisse la place à une pensée régionale. Celle-ci est particulièrement prégnante au lendemain de la Première Guerre mondiale. Ce qui est...

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