Show Less

Théâtre et réception

Le spectateur postdramatique

Series:

Catherine Bouko

Le modèle postdramatique de Hans-Thies Lehmann suscite de nombreuses réactions, positives et négatives, parmi les spécialistes du théâtre. Pour la première fois, l’ouvrage propose une étude approfondie de la question postdramatique. S’appuyant sur une quarantaine d’exemples de théâtre contemporain, l’auteure examine la théorie postdramatique et fournit une analyse critique des codes propres à ces pratiques artistiques.
Les formes postdramatiques, situées au croisement du théâtre, de la danse, de la performance, des nouvelles technologies et des arts plastiques et visuels, invitent le spectateur à des processus de réception spécifiques. Cet ouvrage propose d’interroger la relation que tisse le spectateur avec le spectacle au moyen de modèles de réception fondés sur des approches esthétiques, sémiologiques et sociologiques. Le spectateur y est abordé sous un angle individuel (personne singulière) et collectif (membre d’une communauté).
Les points de vue théoriques, ponctués de nombreux schémas et photographies, sont illustrés par l’analyse de productions significatives, entre autres de Roméo Castellucci, Jan Fabre, Heiner Goebbels, Tadeusz Kantor, Jan Lauwers, Wim Vandekeybus et Kris Verdonck.

Prices

Show Summary Details
Restricted access

CHAPITRE VI La pensée iconique postdramatique 143

Extract

CHAPITRE VI La pensée iconique postdramatique Certaines séquences postdramatiques déploient un langage scénique qui prive le spectateur de tout repère. Le sens demeure alors en suspen- sion. Le modèle de processus sémiotique postdramatique permet d’affiner cette affirmation métaphorique. En ne se laissant pas aborder au moyen des conventions dramatiques, le dispositif scénique invite le spectateur à la pensée iconique, au sens de Peirce. Le sens apparaît doublement en suspension : le processus iconique appelle un « temps d’arrêt » lors duquel la perception demeure au niveau de la priméité et est délivrée de toute recherche de sens. La pensée iconique est fragile et éphémère ; elle ne peut être atteinte qu’en de rares instants et requiert une attitude ouverte de la part du spectateur : ce dernier doit accepter d’abandonner ses repères (dramatiques) pour aborder ce langage scénique. S’il s’oppose au flottement, il ne pourra pas atteindre ce type de réception. Sa réception ne peut être maintenue longtemps au niveau de la pri- méité. Dès qu’elle est intellectualisée, la pensée iconique disparaît et est relayée par le processus de dramatisation. Dans un second temps, le sens se construit sous la forme d’isotopies multisensorielles ou théma- tiques lors de la dramatisation. Il demeure en suspension car il n’est jamais vérifiable ; chaque spectateur élabore des isotopies personnelles qui ne sont jamais soumises à validation. La pensée iconique et...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.