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La guerre à Gaza, de l’analyse du discours médiatique à l’analyse politologique

L’Etat et les relations internationales en question- Préface de Dario Battistella

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Grégory Piet, Sophie Wintgens and David Stans

Un an après la guerre à Gaza et l’opération israélienne « Plomb durci », il convient de tirer le bilan de cet événement international largement couvert par les médias. Si ceux-ci ont donné l’occasion aux opinions publiques de se forger leur propre lecture de l’événement, la presse écrite n’a-t-elle pas plus particulièrement travaillé à une vision spécifique de la compréhension et de la mise en perspective de cette guerre ou de ce conflit ?
Cet ouvrage propose deux éclairages complémentaires de la guerre à Gaza qui, confrontés l’un à l’autre, rejoignent une question épistémologique centrale en sciences sociales. Le premier plonge ses racines dans les Media Studies en exploitant un matériau de recherche (discours non-savants) issu de quatre quotidiens francophones ( Le Figaro, Le Monde, Le Soir et La Libre Belgique). Le deuxième consiste en une analyse politologique (discours savants) de certaines notions clés qui sont riches d’enseignements. L’imprécision inhérente aux concepts de « guerre », de « communauté internationale » ou encore de « diplomatie », par exemple, sera au cœur de ce second éclairage.
Dépassant la seule comparaison entre les discours non-savants et savants, cet ouvrage livre in fine une vision originale de l’implication des relations internationales et de l’Etat dans la résolution d’un conflit.

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DEUXIÈME PARTIE ANALYSE POLITOLOGIQUE DU DISCOURS MÉDIATIQUE : LES CONCEPTS MOBILISÉS DANS LES MÉDIAS

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81 Introduction Face au traitement d’un événement international complexe tel que la guerre à Gaza, l’inexpérience, le manque de bacNJroXnd, voire l’igno- rance1, des journalistes amenés à diffuser l’information demeure un sujet sensible et longuement débattu. De nombreux ouvrages proposent de multiples analyses du rôle des médias dans le suivi d’un conflit. Comme le souligne Geneviève Moll, « les jeunes que nous envoyons sur les conflits travaillent de la même manière que lorsqu’ils sont sur un crime ou sur un accident d’avion »2. Cette journaliste et chroniqueuse française relève, en d’autres termes, que la gestion médiatique d’un conflit néces- site de solides formation et expérience professionnelles, indispensables pour faire preuve du discernement qu’il convient afin de juger du degré d’importance de l’information reçue. Serge Halimi et Dominique Vidal abondent dans ce sens lorsqu’ils s’interrogent sur l’origine de l’erreur et de la tromperie généralisée : « pourquoi se trompe-t-on et pourquoi trompe-t-on ? »3. Ces auteurs émettent deux justifications essentielles, dont au premier chef l’igno- rance. « Si les journalistes se laissent duper, affirment-ils, c’est souvent qu’ils ne connaissent guère la situation qu’ils couvrent. Le terrain, ils le découvrent »4. Dans /e 0onde, par exemple, un journaliste a omis de mentionner – par négligence ou méconnaissance – les accords de paix entre Israël et la Jordanie de 1994 : « Les Européens ont choisi de débuter leur tournée au Proche-Orient par l’Égypte. Ils veulent soutenir...

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