Show Less

La guerre à Gaza, de l’analyse du discours médiatique à l’analyse politologique

L’Etat et les relations internationales en question- Préface de Dario Battistella

Series:

Grégory Piet, Sophie Wintgens and David Stans

Un an après la guerre à Gaza et l’opération israélienne « Plomb durci », il convient de tirer le bilan de cet événement international largement couvert par les médias. Si ceux-ci ont donné l’occasion aux opinions publiques de se forger leur propre lecture de l’événement, la presse écrite n’a-t-elle pas plus particulièrement travaillé à une vision spécifique de la compréhension et de la mise en perspective de cette guerre ou de ce conflit ?
Cet ouvrage propose deux éclairages complémentaires de la guerre à Gaza qui, confrontés l’un à l’autre, rejoignent une question épistémologique centrale en sciences sociales. Le premier plonge ses racines dans les Media Studies en exploitant un matériau de recherche (discours non-savants) issu de quatre quotidiens francophones ( Le Figaro, Le Monde, Le Soir et La Libre Belgique). Le deuxième consiste en une analyse politologique (discours savants) de certaines notions clés qui sont riches d’enseignements. L’imprécision inhérente aux concepts de « guerre », de « communauté internationale » ou encore de « diplomatie », par exemple, sera au cœur de ce second éclairage.
Dépassant la seule comparaison entre les discours non-savants et savants, cet ouvrage livre in fine une vision originale de l’implication des relations internationales et de l’Etat dans la résolution d’un conflit.

Prices

Show Summary Details
Restricted access

CHAPITRE III La « communauté internationale », entre mythe et réalité ? 113

Extract

113 CHAPITRE III La « communauté internationale », entre mythe et réalité ? Se profilant depuis plus d’une vingtaine d’années dans les discours et dispositifs les plus divers, la « communauté internationale » apparaît aujourd’hui comme un acteur à part entière des relations internationales. Évoquant une conception harmonieuse du système international par la mise en valeur de ses forces unificatrices, son « timbre rassurant »1 constitue l’instrument privilégié de tous ceux qui cherchent à rallier l’opinion publique à une cause dite « universelle ». Polysémique – et par conséquent ambiguë –, cette notion est par ailleurs sur le plan formel souvent mise entre guillemets, ce qui constitue un indice notable de l’opacité, voire de l’opacification, de l’expression2. Selon les dictionnaires de langage courant, le terme « communauté » peut renvoyer à deux concepts distincts. D’une part, il identifie un groupe social particulier, dont les membres vivent ensemble, possèdent des biens communs et partagent des intérêts. D’autre part, il s’applique aussi au type de relations sociales caractérisant ce groupe déterminé. Cette dualité sémantique est également reconnue dans le langage juri- dique international3 où la « communauté internationale » désigne à la fois un rapport moral et juridique existant entre les États – en relation entre eux et admettant l’existence de droits et devoirs réciproques – et l’ensemble des États – rapprochés par le sentiment de communauté et constituant, en conséquence, une collectivité régie par le droit interna- tional. Cet éclairage terminologique se révèle toutefois insuffisant pour le- ver entièrement le voile...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.