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La guerre à Gaza, de l’analyse du discours médiatique à l’analyse politologique

L’Etat et les relations internationales en question- Préface de Dario Battistella

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Grégory Piet, Sophie Wintgens and David Stans

Un an après la guerre à Gaza et l’opération israélienne « Plomb durci », il convient de tirer le bilan de cet événement international largement couvert par les médias. Si ceux-ci ont donné l’occasion aux opinions publiques de se forger leur propre lecture de l’événement, la presse écrite n’a-t-elle pas plus particulièrement travaillé à une vision spécifique de la compréhension et de la mise en perspective de cette guerre ou de ce conflit ?
Cet ouvrage propose deux éclairages complémentaires de la guerre à Gaza qui, confrontés l’un à l’autre, rejoignent une question épistémologique centrale en sciences sociales. Le premier plonge ses racines dans les Media Studies en exploitant un matériau de recherche (discours non-savants) issu de quatre quotidiens francophones ( Le Figaro, Le Monde, Le Soir et La Libre Belgique). Le deuxième consiste en une analyse politologique (discours savants) de certaines notions clés qui sont riches d’enseignements. L’imprécision inhérente aux concepts de « guerre », de « communauté internationale » ou encore de « diplomatie », par exemple, sera au cœur de ce second éclairage.
Dépassant la seule comparaison entre les discours non-savants et savants, cet ouvrage livre in fine une vision originale de l’implication des relations internationales et de l’Etat dans la résolution d’un conflit.

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CHAPITRE V Un « État juif », deux représentations 133

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133 CHAPITRE V Un « État juif »1, deux représentations Le sionisme et la création de l’État2 Les prémisses du sionisme reposent sur une triple légitimité3. Poli- tique, d’abord. Cette première forme de légitimité requiert un rapport étroit entre sionisme et peuple juif, afin d’assurer une reconnaissance interne. Juridique, ensuite. Cette deuxième légitimité passe par la recon- naissance des autres nations ; en ce sens, elle est donc externe à l’État juif. Philosophique, enfin. Une fois l’État d’Israël reconnu sur les plans intérieur et extérieur, cette ultime forme de légitimité requiert un ques- tionnement sur la morale politique de l’État et son avenir. Si l’origine de l’idéologie sioniste est à porter au crédit de Theodor Herzl (1860-1904), cet écrivain hongrois n’est pas le premier à considé- rer le cas du peuple juif (Der Judenstaat – L’État des Juifs, 1896). Moses Hess (1812-1875) et Leo Pinsker (1821-1891) en sont en réalité les précurseurs. Pinsker considérait les Juifs4 dès la fin du XIXe siècle comme une nation : « Les Juifs ne sont pas une nation vivante. Ils sont partout étrangers. En conséquence, on les méprise. L’égalité civile et politique ne suffit pas à concilier aux Juifs l’estime des peuples »5. La doctrine herzlienne dépasse les approches de Hess et Pinsker, en déve- loppant le concept d’unicité historique du peuple juif : « Wir sind ein Volk, Ein Volk »6. Cette conception...

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