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Le triangle impossible

Les relations franco-soviétiques et le facteur polonais dans les questions de sécurité en Europe (1924-1935)

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Frédéric Dessberg

Lorsque la France, alliée de la Pologne, reconnaît l’Union soviétique en 1924, un élément essentiel et encore peu connu des relations européennes de l’Entre-deux-guerres se met en place : l’éventualité d’un triangle stratégique destiné à neutraliser l’Allemagne. Jusqu’en 1935, à la constante française visant à séparer Berlin de Moscou, répond l’obsession soviétique d’empêcher un rapprochement franco-allemand, pendant que la Pologne cherche à garantir son indépendance entre l’Allemagne et l’URSS.
Dans quel cadre ce triangle peut-il fonctionner ? Celui d’une sécurité collective étendue à l’Est européen, privilégié par Paris et auquel Moscou finit par adhérer ? Celui des accords bilatéraux que Moscou préfère longtemps et dans lequel s’inscrit Varsovie ? Se posent alors les problèmes de l’engagement militaire français en faveur de la Pologne et celui de l’insertion de l’URSS dans le système européen.
Sur la base de sources principalement françaises, soviétiques et polonaises, ce livre dévoile des divergences stratégiques profondes entre les trois protagonistes. Dans une histoire multilatérale faite d’atermoiements diplomatiques et d’alliances inachevées, la question des intérêts nationaux est centrale. Elle couvre les aspects politiques, militaires et idéologiques et permet de mettre à jour le poids des méfiances, des arrière-pensées et des rancœurs éprouvées par chacun.

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PREMIÈRE PARTIE. L’UNION SOVIÉTIQUE ET LA POLOGNE DANS LES CHOIX STRATÉGIQUES DU CARTEL DES GAUCHES (MAI 1924-OCTOBRE 1925)

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PREMIÈRE PARTIE L’UNION SOVIÉTIQUE ET LA POLOGNE DANS LES CHOIX STRATÉGIQUES DU CARTEL DES GAUCHES (MAI 1924-OCTOBRE 1925) Le gouvernement formé par Édouard Herriot le 15 juin 1924, après la victoire électorale du Cartel des Gauches du 11 mai, adopta un nou- veau cours diplomatique en s’acheminant vers la reconnaissance juridi- que de l’Union soviétique, une entente avec la Grande-Bretagne et la mise en place d’un système de sécurité collective incluant l’Allemagne. L’orientation vers un rapprochement franco-soviétique n’était pas nouvelle, Poincaré l’ayant envisagée sans la mener à son terme. Elle soulevait la question de la place de la « Russie nouvelle » en Europe. Face à la volonté allemande de modifier le statu quo européen issu du Traité de Versailles, il fallait en effet trouver les moyens de neutraliser le lien germano-soviétique élaboré à Rapallo en avril 1922. La sécurité collective naissante pouvait le permettre mais, ne s’appliquant qu’à l’Europe occidentale, le problème de la garantie de l’indépendance de la Pologne se posa de manière urgente. Comment, en effet, faire accepter un désengagement français direct à l’Est au moment du rapprochement avec les deux ennemis potentiels de la Pologne ? Du reste, les litiges franco-soviétiques rendaient-ils possibles un véritable rapprochement ? Le problème reste en effet de savoir si les gouvernements successifs du Cartel des Gauches eurent réellement l’intention de le réaliser. 19 CHAPITRE I La réorientation française (mai-octobre 1924) Promesse électorale du...

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