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Transformations de l’éthique

De la phénoménologie radicale au pragmatisme social

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Edited By M. Marc Maesschalck

Loin de n’être qu’un point de vue sur le monde ou une conviction bien pesée sur la vie bonne, l’éthique philosophique est devenue aujourd’hui une pratique sociale et professionnelle. Pour prendre la mesure de cette transformation, il faut non seulement revoir les présupposés théoriques hérités du rationalisme moderne, mais aussi élaborer une connaissance nouvelle capable d’évaluer les conséquences de ces pratiques de l’éthique en partant de leur ontogenèse sociale.
Entrant en dialogue avec les figures connues de l’éthique contemporaine, pour s’en distancer progressivement, de Habermas à Rorty, en passant par Rawls, Jonas et Ricœur, il s’agit dans le dialogue ainsi entrepris de lancer des ponts vers l’engagement éthique proprement dit et vers ses champs d’intervention sociale dans les relations intergroupes et dans les processus d’apprentissage collectif. De la phénoménologie radicale au pragmatisme social, la réflexion éthique est mise ici à l’épreuve de sa transformabilité comme mode d’intervention sociale.
L’hypothèse développée dans cet ouvrage est que c’est au contact de l’action collective et grâce à une approche génétique que la transformation de l’éthique parviendra à prendre toute sa mesure.

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CHAPITRE 2. Intervention juridique et décentrement pragmatiste de l’autorité En dialogue avec Jules Coleman 207

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207 CHAPITRE 2 Intervention juridique et décentrement pragmatiste de l’autorité En dialogue avec Jules Coleman Dans l’intervention éthique, la pratique de Legault nous a focalisés sur un processus collectif de décentrement lié à la procédure dialogique de co-constitution du sens des valeurs. Suivant ce cadre, les conditions de dissociation des points de vue et leur décentrement sont prioritaires et l’emportent sur les conditions d’un engagement collectif permettant de garantir la réalisation des solutions trouvées. Comme l’écrit Legault, le modèle du dialogue « soumet l’entente normative à ses conditions d’ef- fectuation par les personnes »1. Il ne suppose donc pas que « la conclu- sion d’un discours rationnel entraîne une motivation supérieure à son application pratique »2, mais il considère que le développement moral des participants produit par le processus d’intervention éthique peut y suffire. Au bout du compte, si le dialogisme est basé sur un procédé de dé- centrement qui le fragilise, c’est parce qu’à travers la construction d’une forme de co-élaboration du sens, il cherche à faire droit à l’altérité des points de vue. La téléologie immanente du dialogisme réside dans la dissociation des jeux de langage axiologique et dans la recherche d’opérateurs de traduction pour produire un sens accessible et révisable en commun. Dans la stratégie d’intervention dialogique, le passage au pouvoir-faire-sens est fondamental et confère même la possibilité d’une identification nouvelle par les participants. Si l’intervenant parvient à produire un...

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