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Transformations de l’éthique

De la phénoménologie radicale au pragmatisme social

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Edited By M. Marc Maesschalck

Loin de n’être qu’un point de vue sur le monde ou une conviction bien pesée sur la vie bonne, l’éthique philosophique est devenue aujourd’hui une pratique sociale et professionnelle. Pour prendre la mesure de cette transformation, il faut non seulement revoir les présupposés théoriques hérités du rationalisme moderne, mais aussi élaborer une connaissance nouvelle capable d’évaluer les conséquences de ces pratiques de l’éthique en partant de leur ontogenèse sociale.
Entrant en dialogue avec les figures connues de l’éthique contemporaine, pour s’en distancer progressivement, de Habermas à Rorty, en passant par Rawls, Jonas et Ricœur, il s’agit dans le dialogue ainsi entrepris de lancer des ponts vers l’engagement éthique proprement dit et vers ses champs d’intervention sociale dans les relations intergroupes et dans les processus d’apprentissage collectif. De la phénoménologie radicale au pragmatisme social, la réflexion éthique est mise ici à l’épreuve de sa transformabilité comme mode d’intervention sociale.
L’hypothèse développée dans cet ouvrage est que c’est au contact de l’action collective et grâce à une approche génétique que la transformation de l’éthique parviendra à prendre toute sa mesure.

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CHAPITRE 2. Pour une approche génétique de l’intervention éthique 253

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253 CHAPITRE 2 Pour une approche génétique de l’intervention éthique Les deux premières parties de cet ouvrage ont montré que la trans- formation contemporaine de l’éthique engageait les pratiques vers un point de vue pragmatiste et holiste que les présupposés modernes encore prédominants en éthique ne pouvaient réellement soutenir. Il est ainsi apparu que pour être conçue comme un processus collectif d’appren- tissage, la pratique de l’éthique exigeait un point de vue d’immanence sur la vulnérabilité des positions concernées (dissociation) et sur la transformation des affects mobilisés (déstabilisation). Les deux autres parties de notre ouvrage ont tenté de tirer les consé- quences de cette refondation épistémologique de l’éthique sur le plan de sa réalisation comme processus d’apprentissage social. Elles ont permis de montrer que la compréhension du rôle de l’intervention intellectuelle dans ces processus doit elle aussi évoluer pour mieux correspondre avec le sens de la téléologie interne des pratiques qu’appelle le point de vue d’immanence. La question de la transformation du « faire-pouvoir » qui apparaît désormais comme prioritaire par rapport à celle des capacités a partie liée avec la dimension génétique des processus d’apprentissage et avec la nécessité d’une tercéisation des identités d’action. Cette dernière opération passe par la disparition de l’apparente neutralité de l’inter- vention éthique au profit d’une nouvelle configuration relationnelle entre les acteurs engagés....

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