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Paul Nougé

La poésie au cœur de la révolution (2e tirage)

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Geneviève Michel

Cet ouvrage a reçu le Prix triennal Langue et Littérature Joseph Hanse 2011.
Cet ouvrage est une plongée précise dans la rigueur du projet poétique d’un des écrivains les plus radicaux et les plus cohérents du XX e siècle, le surréaliste belge Paul Nougé (1895-1967). Il présente une analyse minutieuse de l’ancrage politique de ses choix et de sa trajectoire dans l’histoire du premier demi-siècle et le dégagement d’éléments que l’on peut considérer comme un passage de témoin aux situationnistes.
Cherchant à mettre en lumière la façon dont Nougé conçoit son engagement révolutionnaire à travers l’écriture, l’auteure éclaire plus précisément la singularité du groupe surréaliste de Bruxelles, notamment par rapport aux proches de Breton.
Un recours attentif aux hypotextes permet de démonter la logique d’intervention du poète bruxellois, et donne lieu à d’importantes découvertes sur sa pratique de l’écriture et de la réécriture, qui, à certains égards, préfigure le détournement des situationnistes. Au fil de cette analyse, menée de façon strictement chronologique, se dessinent presque naturellement plusieurs grandes phases dans une œuvre qui, en dépit de son éclatement, était jusqu’ici considérée comme monolithique en raison de sa cohérence profonde.
Un travail de fond au cœur d’une démarche foncièrement rétive aux récupérations dont le surréalisme fait l’objet. Un travail essentiel qui constitue un préalable à l’étude de textes proprement dite.

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DEUXIÈME PARTIE. UNE PRATIQUE À LA CROISÉE DES VOIX

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DEUXIÈME PARTIE UNE PRATIQUE À LA CROISÉE DES VOIX 173 CHAPITRE I Les lambeaux de langage Le matériau de prédilection des expériences de Nougé est le « lan- gage » – autrement dit la langue – en tant qu’objet préfabriqué susceptible de transformations, en tant que matière vivante en mouvement, mais aussi en tant que matériau commun à tous, d’autant que la majeure partie du matériau langagier utilisé par Nougé appartient aux autres. Certes, la langue est par essence un bien commun, et tout texte contient sa mesure d’intertextualité, mais Nougé, plus qu’un autre, insiste sur le lien avec les mots des autres. Et quand il les reprend, c’est toujours pour les détourner de leur cours habituel, pour en pervertir le sens. Ces mots des autres, nous pourrions les diviser en deux grands groupes : ceux qui sont communs à tous, qui sont donnés en partage aux locuteurs d’une même langue, en l’occurrence le français, à un moment et dans un espace déterminés, d’une part ; et, d’autre part, ceux qui sont attribuables à une personne, à un auteur déterminé, autrement dit les mots d’un autre, d’un individu précis, plus ou moins aisément reconnaissable. Dans ce chapitre, c’est au détournement des mots des autres ou lieux communs, que nous allons nous intéresser pour compléter les quelques réflexions que nous avons déjà développées à propos des prises de posi- tion littéraires, politiques et humaines de Nougé. La vie...

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