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Plurilinguisme et Avant-Gardes

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Edited By Franca Bruera and Barbara Meazzi

Au cours des premières décennies du XX e siècle, les horizons littéraires et artistiques s’élargissent bien au-delà des frontières géographiques et culturelles de l’Europe. Les artistes et les écrivains en quête de nouvelles formes d’expression vont donner naissance à différents mouvements d’avant-garde conçus, entre autres, comme de véritables laboratoires d’expérimentations langagières.
Le plurilinguisme comme source intarissable de création, mouvement dialectique et caisse de résonance de la crise ontologique du langage qui se réclame, dès 1913, du « polyglottisme », est l’une des caractéristiques principales de ces avant-gardes.
Cet ouvrage rassemble des contributions qui approfondissent la question du plurilinguisme des arts et des lettres, en débordant du cadre de la babélisation. En effet, si dans la tour de Babel la compréhension était ardue et complexe, dans l’espace du plurilinguisme les « Tours de Babel changées en ponts » (pour reprendre les mots d’Apollinaire, figure emblématique de cet ouvrage) donneront lieu à une confusion féconde des langues et des langages.

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PREMIÈRE PARTIE: TANGAGES DES LANGUES

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PREMIÈRE PARTIE TANGAGES DES LANGUES 17 Du noir puisons la lumière Henri BÉHAR Université Sorbonne Nouvelle – Paris III Je ne traiterai pas du sujet d’ensemble « Dada et le polyglottisme », dans la mesure où la question a été déjà abordée dans Les Avant-gardes et la tour de Babel, interaction des arts et des langues1. Je ne parlerai pas davantage de la « poésie de mots inconnus » consignée dans le luxueux ouvrage d’Iliazd, dont a parlé Isabelle Krzywkowski, pour l’excellente raison que, même si l’on suppose que Dada a eu connais- sance des recherches de Khlebnikov, Kroutchonykh et du cubo- futurisme russe sur la langue transmentale (ce qui reste à prouver), je n’ai pour ma part trouvé aucune trace pertinente de leur influence dans Dada à Zurich2. Je m’en tiendrai donc à un seul auteur, Tristan Tzara, et à un seul su- jet : son rapport avec la poésie « nègre ». Un mot du titre : il est emprunté à une phrase de Tzara dans sa « Note sur l’art nègre », publiée dans la revue Sic en septembre 1917 (OC I, 394). À cette date, il est l’un des premiers poètes s’exprimant en français, avec Apollinaire et un peu avant Cendrars, à se tourner vers l’art africain et océanien, de même qu’il traitera spécifiquement, l’année suivante, de la « poésie nègre ». Notez bien que le substantif est ici sans majuscule, référant à la couleur noire, dont il est dit paradoxalement qu’elle est source de...

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