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Regards éthiques sur l’Union européenne

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Ignace Berten, Gabriel Fragnière, Philippe D. Grosjean and Peter Knauer

Plus d’un an avant la crise de 2008, les auteurs de cet ouvrage ont pris conscience que le projet européen – ou le projet d’« européisation » suivant la dénomination proposée par Ulrich Beck – était en panne et n’était, au final, qu’un projet politique occultant sa dimension essentiellement éthique.
Sans refaire l’historique des tentatives avortées ou des réussites partielles, les auteurs s’attachent à démontrer que l’européisation du continent est un projet politique que l’éthique interpelle sur deux plans : l’exercice de la souveraineté et l’exercice de la citoyenneté. Le traité de Lisbonne incarne, à leurs yeux, une dangereuse cécité sur cette double interpellation.
Suivant sans inspiration une conception « westphalienne » régissant les relations entre États souverains, ce traité freine l’émergence d’une Union « coalescente », à savoir une Union au sein de laquelle chaque membre, État et citoyen, préserve son unité et sa richesse.
L’ouvrage se compose de six contributions dont chaque auteur assume séparément la responsabilité. Le principe de proportionnalité, l’économie et la finance, la sécurité, l’environnement et le changement climatique, la citoyenneté et la démocratie participative et ou encore la solidarité, sont quelques-uns des points développés dans l’ouvrage.
Son originalité réside dans l’azimut qu’il fixe à l’européisation du continent : un azimut qui, situé en dehors des idées reçues, intègre la complexité du devenir de l’humanité et propose une manière harmonieuse du « vivre ensemble » dans un espace multiculturel.

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Introduction, Les auteurs 13

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13 Introduction LES AUTEURS De guerre lasse, une partie de l’Europe vit depuis plus de soixante ans sans guerre. Quelle que soit la date que chacun donne à sa genèse, le projet d’intégration européenne – ou, plus exactement, le projet d’euro- péisation, comme le définit Ulrich Beck1 – doit être perçu comme un projet non seulement politique mais également et essentiellement éthique : l’abandon de la violence pour régler les problèmes de cohabita- tion entre les humains en Europe. C’est la thèse que cet ouvrage ambi- tionne de montrer. Notre intention n’est pas de refaire l’historique des tentatives avortées, ni des réussites partielles de ce projet. Notre inten- tion est plutôt de montrer que ce projet est toujours en crise (crise aggravée par la crise financière) parce qu’on évite de le percevoir comme étant aussi et surtout un projet éthique : la violence a certes reculé, mais n’a pas été éradiquée. Un projet éthique relève à la fois de l’ontologie2 et de l’épistémo- logie3. Si la morale est un ensemble de normes et de jugements dans l’ordre du bien et du mal, l’éthique concerne la réflexion sur les critères dont relèvent ces normes et jugements. Ce projet éthique ne saurait uniquement être basé sur l’absence de guerre. Les défis du futur nous obligent à une réflexion éthique sur ceux que l’homme a créés lui-même par la surexploitation des ressources naturelles, l’appropriation...

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