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Regards éthiques sur l’Union européenne

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Ignace Berten, Gabriel Fragnière, Philippe D. Grosjean and Peter Knauer

Plus d’un an avant la crise de 2008, les auteurs de cet ouvrage ont pris conscience que le projet européen – ou le projet d’« européisation » suivant la dénomination proposée par Ulrich Beck – était en panne et n’était, au final, qu’un projet politique occultant sa dimension essentiellement éthique.
Sans refaire l’historique des tentatives avortées ou des réussites partielles, les auteurs s’attachent à démontrer que l’européisation du continent est un projet politique que l’éthique interpelle sur deux plans : l’exercice de la souveraineté et l’exercice de la citoyenneté. Le traité de Lisbonne incarne, à leurs yeux, une dangereuse cécité sur cette double interpellation.
Suivant sans inspiration une conception « westphalienne » régissant les relations entre États souverains, ce traité freine l’émergence d’une Union « coalescente », à savoir une Union au sein de laquelle chaque membre, État et citoyen, préserve son unité et sa richesse.
L’ouvrage se compose de six contributions dont chaque auteur assume séparément la responsabilité. Le principe de proportionnalité, l’économie et la finance, la sécurité, l’environnement et le changement climatique, la citoyenneté et la démocratie participative et ou encore la solidarité, sont quelques-uns des points développés dans l’ouvrage.
Son originalité réside dans l’azimut qu’il fixe à l’européisation du continent : un azimut qui, situé en dehors des idées reçues, intègre la complexité du devenir de l’humanité et propose une manière harmonieuse du « vivre ensemble » dans un espace multiculturel.

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CHAPITRE 4. L’environnement naturel, Frank Turner 143

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143 CHAPITRE 4 L’environnement naturel Frank TURNER Commençons par un point de vue anthropologique, qui place le thème de l’environnement, déjà large et à multiples facettes, dans une perspective anthropologique encore plus large. Nous sommes conscients que certains (disons les « écologistes puristes ») prétendront que ce choix anthropologique est une désastreuse erreur. Selon leur point de vue, proposer la personne humaine comme première et centrale consiste à exagérer l’importance du genre humain dans le cosmos. Bien plus, c’est précisément ce faux pas, cette erreur fondamentale d’approche, qui est à l’origine de notre crise environnementale. Mon objection à cet ar- gument est la suivante : en bref, ce sont seulement des personnes et des communautés humaines qui peuvent apporter une réponse efficace à cette crise, et elles ne le feront qu’en appréciant son importance et ses conséquences pour elles – mais, bien évidemment, pas seulement pour elles. 1. Anthropologie Chacune de nos vies, c’est-à-dire le vrai bien de chacun d’entre nous, a plusieurs dimensions. Ces dimensions peuvent être distinguées l’une de l’autre mais jamais séparées. 1.1. Notre vie corporelle Nous ne sommes pas des personnes qui « possèdent » des corps, comme si ceux-ci étaient en quelque sorte détachés de notre identité. Notre expérience est une expérience incorporée, nos perceptions et nos pensées sont inséparables de nos sens, de leurs ouvertures au monde et de leurs réponses actives à celui-ci. Le « bienfait » de cette dimension de...

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