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Manger en Europe

Patrimoines, échanges, identités

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Edited By Antonella Campanini, Peter Scholliers and Jean-Pierre Williot

Si les institutions communautaires de l’Europe permettent aujourd’hui d’identifier un espace politique et économique, qu’en est-il du sentiment d’appartenance des Européens à une civilisation partagée ? En dépit de nombreux traits d’union, leurs identités et leurs cultures matérielles demeurent multiples.
Ce premier livre de la collection « L’Europe alimentaire » s’inscrit dans une dynamique croissante de l’intérêt porté par des publics divers et nombreux aux pratiques de l’alimentation. Il réunit les positions de spécialistes des cultures alimentaires sur la notion, très complexe à définir, des identités alimentaires. Cet ouvrage croise l’analyse de l’anthropologie et de l’histoire pour présenter la formation des patrimoines gastronomiques, les processus d’échanges culinaires et l’émergence, à différentes époques et dans plusieurs pays de recettes, de produits ou de manières de manger. Il s’en dégage que les Européens ont su à la fois développer des traditions locales très marquées et faire confluer leurs goûts par la circulation des marchandises, des hommes et des idées.
La stratégie contemporaine, et capitale pour l’Europe, de valorisation par la qualité de ses produits considérés comme typiques, trouve dans ce récit les sources originelles d’un patrimoine commun aux Européens.

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Identités, aliments et cuisine aux sources d’une Europe alimentaire 9

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9 Identités, aliments et cuisine aux sources d’une Europe alimentaire Antonella CAMPANINI, Peter SCHOLLIERS, Jean-Pierre WILLIOT Origine, identité… L’important est que ce soit bon ! (d’après Pellegrino Artusi) Dans le livre de recettes qu’il destine aux ménagères d’une Italie ré- cemment unifiée, Pellegrino Artusi entame sa recette des « Maccheroni col pangrattato »1 [macaroni à la chapelure], par ce préambule : « S’il est vrai, comme le disait Alexandre Dumas père, que les Anglais ne vivent que de roast-beef et de pudding, les Hollandais de viande cuite au four, de patates et de fromage, les Allemands de choucroute et de lard fumé, les Espagnols de pois chiches, de chocolat et de lard rance, les Italiens de maccheroni […] ». Bien qu’il inclue des plats d’origines étrangères sans compter cer- taines dénominations curieuses, peu lui importent les origines et les emprunts. Il déclare encore : « Je préviens ici, une fois pour toutes, que ma cuisine n’est pas une affaire de noms et que je n’accorde aucune importance aux noms ampoulés. Si un Anglais disait que ce plat, » – il s’agit du « Pigeon à l’Anglaise » – « affublé du nom étrange de piccion paio, n’est pas cuisiné à l’intention de sa nation, je n’en aurai cure ; ce qui m’importe c’est qu’il soit jugé bon, un point c’est tout ». Artusi en donne pourtant à la page suivante, une variante propre à lui conférer « un caractère plus national »2. Si c’est bon, pourquoi s’occuper de la provenance ? « S’il n’est pas hongrois, il sera à l’espagnole...

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