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Manger en Europe

Patrimoines, échanges, identités

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Edited By Antonella Campanini, Peter Scholliers and Jean-Pierre Williot

Si les institutions communautaires de l’Europe permettent aujourd’hui d’identifier un espace politique et économique, qu’en est-il du sentiment d’appartenance des Européens à une civilisation partagée ? En dépit de nombreux traits d’union, leurs identités et leurs cultures matérielles demeurent multiples.
Ce premier livre de la collection « L’Europe alimentaire » s’inscrit dans une dynamique croissante de l’intérêt porté par des publics divers et nombreux aux pratiques de l’alimentation. Il réunit les positions de spécialistes des cultures alimentaires sur la notion, très complexe à définir, des identités alimentaires. Cet ouvrage croise l’analyse de l’anthropologie et de l’histoire pour présenter la formation des patrimoines gastronomiques, les processus d’échanges culinaires et l’émergence, à différentes époques et dans plusieurs pays de recettes, de produits ou de manières de manger. Il s’en dégage que les Européens ont su à la fois développer des traditions locales très marquées et faire confluer leurs goûts par la circulation des marchandises, des hommes et des idées.
La stratégie contemporaine, et capitale pour l’Europe, de valorisation par la qualité de ses produits considérés comme typiques, trouve dans ce récit les sources originelles d’un patrimoine commun aux Européens.

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PREMIÈRE PARTIEPATRIMOINES

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PREMIÈRE PARTIE PATRIMOINES 25 Connaître l’origine : les produits, les recettes et leurs inventeurs Trois exemples italiens (XVe-XVIIe siècle)* Antonella CAMPANINI Università degli Studi di Scienze Gastronomiche, Pollenzo (Italie) L’historien actuel tend à regarder avec méfiance ceux qui ont la pré- tention de dater ou de localiser l’origine précise d’un produit ou d’une recette. Le plus souvent, faute d’une documentation sûre, le chercheur se réfèrera au lieu et à la date de la première attestation connue, conscient que son affirmation restera valide jusqu’à ce qu’une mention plus ancienne ne soit repérée dans une autre source. Aux antipodes de ce type d’approche, le marketing raffole des rac- courcis et utilise sans difficulté la notion d’origine jusqu’à en abuser parfois : si certaines recherches suscitées par les producteurs ont pu à l’occasion faire montre d’une véritable rigueur historique, d’autres, à des fins commerciales, tendent à manipuler l’histoire à leur guise (jouant en particulier des mythes qui entourent tel ou tel produit). On peut trouver certains dépliants de producteurs situant l’origine de leur fro- mage dans la grotte de Polyphème, d’autres qui affirment que leur huile d’olive était utilisée par Venus (ce secret de sa beauté est récemment passé dans nos salades), d’autres encore qui présentent leur vin comme le descendant direct de la boisson qui provoqua le premier cas d’ivresse, celle de Noé. La liste serait longue et s’accroît au gré de la créativité des publicitaires. Quant aux origines...

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