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Stéréotype et lecture

Essai sur la réception littéraire

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Jean-Louis Dufays

Le rôle fondamental joué dans l’acte de lecture par les divers niveaux de stéréotypie disponibles dans la mémoire collective avait déjà été évoqué maintes fois au cours du XX e siècle, mais l’étude systématique de leur impact dans la compréhension, l’interprétation et l’évaluation des textes littéraires restait à entreprendre. C’est à cette tâche que s’est attelé J.-L. Dufays. Passant en revue les codes de la lecture, les phases de son déroulement et les diverses modalisations dont le sens peut faire l’objet, il montre que tout lecteur se meut dans un jeu de reconnaissance et d’ignorance, de participation et de distanciation à l’égard des stéréotypes du texte, et il suggère que l’exploitation maximale de ces tensions pourrait constituer la forme la plus aboutie de la réception littéraire. La partie majeure de l’étude, qui concerne les modes d’énonciation et les effets de lecture auxquels les stéréotypes se prêtent, montre que c’est toute la logique de l’analyse littéraire et toute l’historicité de la littérature qui se trouvent renouvelées par la prise en compte de cette problématique.
Éclairant dans ses synthèses, pointu dans ses analyses, cet ouvrage ambitieux effectue nombre de mises au point dont nulle théorie de la lecture et de la littérature ne peut faire l’économie. Publié pour la première fois en 1994, il fait l’objet d’ici d’une deuxième édition actualisée.

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Préface 13

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13 Préface Quand Stéréotype et lecture parut en 1994, la réflexion sur la lecture était déjà bien engagée. L’esthétique de la réception existait en Alle- magne depuis les années 1970, Umberto Eco avait publié Lector in fabula et Michel Charles, dont les séminaires faisaient les beaux jours de l’École Normale Supérieure, comptait à son actif deux ouvrages majeurs sur la rhétorique. Étudier la lecture était à la mode et les thèses se multipliaient. C’est que l’époque était favorable. Face à un structuralisme insti- tutionnalisé, qui régnait sur l’université depuis deux décennies, l’envie était grande de « faire éclater » la clôture, de dynamiser les modèles à défaut de les dynamiter. Il fallait donner de l’air et du mouvement au texte, ou encore, comme venait de le dire Michel Picard dans une for- mule appelée à faire date, du « jeu ». N’était-il pas temps de sortir de la posture passive du grammairien de la littérature s’échinant à retrouver dans tout texte la confirmation de ses catégories et dans ses catégories la matrice de tout texte ? Nous, universitaires, chercheurs ou étudiants, n’étions pas de simples comptables condamnés à dresser de fastidieux inventaires. Nous avions des émotions, un imaginaire, des désirs. C’est avec eux que nous abordions les textes et c’est d’eux que notre lecture prenait chair. « Moi aussi ! » s’écriait le théoricien de la littérature, se rappelant soudain qu’il était un...

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