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Stéréotype et lecture

Essai sur la réception littéraire

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Jean-Louis Dufays

Le rôle fondamental joué dans l’acte de lecture par les divers niveaux de stéréotypie disponibles dans la mémoire collective avait déjà été évoqué maintes fois au cours du XX e siècle, mais l’étude systématique de leur impact dans la compréhension, l’interprétation et l’évaluation des textes littéraires restait à entreprendre. C’est à cette tâche que s’est attelé J.-L. Dufays. Passant en revue les codes de la lecture, les phases de son déroulement et les diverses modalisations dont le sens peut faire l’objet, il montre que tout lecteur se meut dans un jeu de reconnaissance et d’ignorance, de participation et de distanciation à l’égard des stéréotypes du texte, et il suggère que l’exploitation maximale de ces tensions pourrait constituer la forme la plus aboutie de la réception littéraire. La partie majeure de l’étude, qui concerne les modes d’énonciation et les effets de lecture auxquels les stéréotypes se prêtent, montre que c’est toute la logique de l’analyse littéraire et toute l’historicité de la littérature qui se trouvent renouvelées par la prise en compte de cette problématique.
Éclairant dans ses synthèses, pointu dans ses analyses, cet ouvrage ambitieux effectue nombre de mises au point dont nulle théorie de la lecture et de la littérature ne peut faire l’économie. Publié pour la première fois en 1994, il fait l’objet d’ici d’une deuxième édition actualisée.

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DEUXIÈME PARTIE. LES COMPÉTENCES DU LECTEUR

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DEUXIÈME PARTIE LES COMPÉTENCES DU LECTEUR 55 Préliminaires 1. Trois champs à explorer Si le texte n’acquiert sens et valeur qu’au cours de la lecture, celle-ci met nécessairement en œuvre trois facteurs : 1. un facteur logique, qui réside dans la succession des opérations permettant de projeter sur le texte une structure sémantique globale ; 2. un facteur culturel, qui est l’ensemble des savoirs – à commencer par les stéréotypies – partagés par la communauté culturelle du lecteur ; 3. un facteur davantage personnel, qui consiste dans les intérêts et les compétences propres à chaque lecteur. D’une manière métaphorique, on pourrait dire que ces trois facteurs constituent respectivement la syntaxe, le lexique et les différents styles de la lecture. L’emploi de ce vocabulaire n’est pas purement gratuit, car il existe bien une analogie fondamentale entre le fonctionnement de la réception et celui de la production des textes : la lecture est, au même titre que l’écriture et le discours, un acte d’énonciation. Il est cependant préférable, pour éviter tout amalgame, de recourir ici à une terminologie spécifique ; en l’occurrence, les trois facteurs qui viennent d’être distingués seront appelés respectivement les phases, les codes (ou les compétences) et les modes de la lecture. 2. Priorité à l’étude des codes Parmi ces trois domaines, c’est celui des codes, des compétences du lecteur qui requerra en premier lieu mon attention. Trois raisons à cela : 1. Il...

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