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Innovations et transferts de technologie en Europe du Nord-Ouest aux XIXe et XXe siècles

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Edited By Jean-François Eck and Pierre Tilly

L’innovation suscite de fréquents débats chez les spécialistes de sciences sociales. Cet ouvrage tente d’y apporter une contribution en adoptant le point de vue de l’histoire économique. Il recense les acteurs, les cheminements et les processus de l’innovation dans un espace et une période spécifiques.
Il met plus particulièrement l’accent sur le XIX e siècle, souvent négligé dans la recherche, et ne se borne pas aux innovations de produits ou de procédés de fabrication, mais traite aussi celles portant sur la commercialisation et l’organisation. Des problèmes cruciaux sont abordés comme la formation professionnelle et la protection juridique de l’innovation.
Premières concernées par l’innovation, qu’elles en soient originaires ou destinatrices, les entreprises conçoivent à partir d’elle de véritables stratégies, organisant parfois de complexes transferts de technologie. L’ouvrage en donne plusieurs exemples, montrant que le phénomène, loin de se limiter aux grands groupes, concerne aussi des entités ou des compagnies de taille plus modeste.
Il souligne par ailleurs l’ampleur des enjeux de l’innovation, tant au plan local que régional, national ou international. Dans plusieurs contributions, le recours aux méthodes et aux concepts récemment utilisés en sciences sociales (analyses de réseaux, path dependency, systèmes régionaux d’innovation) permet le renouvellement en profondeur des analyses.

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PREMIÈRE PARTIEPROTECTION ET CIRCULATION DES INNOVATIONS

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PREMIÈRE PARTIE PROTECTION ET CIRCULATION DES INNOVATIONS 35 Controverses et paradoxes dans l’Europe des brevets au XIXe siècle Gabriel GALVEZ-BEHAR Institut de recherches historiques du Septentrion Université de Lille-Nord de France La question du rôle positif de la propriété industrielle dans le développement du capitalisme est posée de longue date, mais demeure incertaine. Dans l’une des conférences publiées dans son Esquisse d’une histoire universelle de l’économie et de la société, Max Weber affirmait que « la première loi rationnelle sur les brevets constitua une innovation positive », favorable aux inventions décisives pour l’impulsion du capitalisme1. Quelques décennies plus tard, l’économiste Fritz Machlup faisait part d’un point de vue bien plus nuancé en affirmant qu’« aucun économiste ne peut affirmer avec certitude que le système des brevets tel qu’il opère aujourd’hui, se traduit par un bénéfice net ou une perte sèche pour la société », allant même jusqu’à dire que, si ce système n’existait pas, « il serait irresponsable, sur la base de ce que nous savons de ses conséquences économiques, de recommander d’en instituer un »2. Pour dépasser ces incertitudes, il est cependant possible de décaler quelque peu le problème posé. Plutôt que de mesurer l’influence d’un tel cadre juridique sur la performance économique, il est possible de s’interroger sur le sens de cet « investissement de forme » que consti- tuent la propriété industrielle en gén...

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