Show Less

Phraséologie et collocations

Approche sur corpus en français L1 et L2

Series:

Catherine Bolly

Répondant au manque de consensus qui règne encore actuellement dans le domaine phraséologique, l’auteur propose de redéfinir ici les notions de phraséologie (ou figement) et de collocation (ou semi-figement), en réunissant les littératures de tradition anglo-saxonne et francophone. Le volet acquisitionnel de l’ouvrage se centre quant à lui sur les productions d’apprenants avancés du français langue étrangère (L2), en particulier sur les déviances au sein des collocations verbo-nominales, encore relativement peu étudiées en français L2. L’ouvrage présente en outre une méthode originale d’analyse paramétrique sur corpus (en L1 et en L2) qui permet, d’une part, de traduire en termes quantitatifs des données initialement qualitatives et, d’autre part, de combiner l’approche fonctionnelle (via des critères linguistiques) et statistique (via des mesures d’association lexicale) en phraséologie. Cette méthode est décrite avec soin par l’auteur qui guide le lecteur en l’impliquant dans sa démarche exploratoire au fil des pages.

Prices

Show Summary Details
Restricted access

INTRODUCTION. Complexité des unités phraséologiques 19

Extract

19 INTRODUCTION Complexité des unités phraséologiques Bien qu’omniprésentes dans l’usage courant (par ex. : avoir lieu, tirer la langue, fou rire, t’sais, à moins que) et dans les langues de spécialité (par ex. : rendre un arrêt (juridique), chambre stérile (médi- cal)), les unités phraséologiques ont longtemps été considérées comme des phénomènes linguistiques atypiques gravitant à la périphérie de la syntaxe. Les linguistes eux-mêmes n’ont pas encore fini de chercher à expliquer le fonctionnement de ces unités situées à l’interface du lexique et de la grammaire, qu’il s’agisse de les décrire à partir de critères internes à la langue (sémantiques, syntaxiques, lexicaux, etc.) ou de critères externes à celle-ci (cognitifs, sociaux, géographiques, diachro- niques, stylistiques, etc.). Comment en effet expliquer que le locuteur natif préfère utiliser le verbe tirer – plutôt que le verbe sortir, extraire ou tendre –, pour exprimer verbalement l’action de « faire sortir » la langue de sa bouche ? Et comment expliquer cette différence de sens, que le locuteur natif perçoit de manière intuitive, entre l’enfant qui tire la langue pour faire une grimace à son voisin et l’enfant qui tire la langue pour que le médecin puisse l’ausculter ? Si aucune réponse simple ne semble à ce jour pouvoir être apportée à ces questions, on s’accorde néanmoins actuellement sur le fait que ces unités pour le moins complexes se laissent difficilement appréhender tant par le locu- teur...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.