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Esquisses d’une Europe nouvelle

L’européisme dans la Belgique de l’entre-deux-guerres (1919-1939)

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Geneviève Duchenne

Alors que ce n’est qu’à partir des années 1950 que le projet européen se traduit dans les institutions et dans les politiques, l’idée européenne, suscite déjà, et ce, dès l’entre-deux-guerres, de multiples initiatives.
Cet ouvrage issu d’une thèse de doctorat, souhaite apporter une contribution originale à la connaissance des courants européistes qui fleurirent dans la Belgique des années 1920 et 1930.
Fondé sur l’exploitation de sources multiples et inédites, il révèle la richesse insoupçonnée des projets et des mouvements engendrés dans le contexte de l’Europe de Versailles. Invitant à découvrir l’Europe telle que la conçurent la génération de la guerre et celle de la crise à travers leurs cadres mentaux, chronologiques et géographiques, cette étude met en lumière le rôle des cercles, des milieux ainsi que des moments-clés.
Elle place enfin l’accent sur les lieux qui de Genève à Vienne et Paris, puis de Bruxelles à Berlin, incarnent l’européisme de l’époque.

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CHAPITRE I. Jalons pour une histoire de l’européisme en Belgique (1919-1939) 31

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CHAPITRE I Jalons pour une histoire de l’européisme en Belgique (1919-1939) I. Introduction : « Regarder dehors » « Le bouleversement des valeurs produit par la guerre est sans doute pour beaucoup dans cette pensée assez répandue que notre génération traverse une époque de transition », explique en 1926 Yvan Lenain dans La Nouvelle Équipe – revue qu’il vient de lancer avec quelques coreli- gionnaires catholiques. Et ce jeune étudiant en droit à l’Université de Louvain de poursuivre : « Je suis des plus optimistes. La guerre nous semble un grand fossé sur la carte du monde, elle a liquidé le XIXe siècle mais il faut reconstruire »1. La Première Guerre mondiale représente bien une césure dans l’his- toire du continent européen, parce qu’« elle ouvre le débat sur l’oppor- tunité et les modalités de construire l’Europe selon les termes que nous connaissons encore aujourd’hui »2. Or en Belgique, ce débat revêt des accents particuliers parce que le cataclysme de 1914-1918 pose, de façon inédite, la question de la place du pays sur la scène européenne3. Malgré une présence appréciable à l’étranger4, la Belgique d’avant 1914 ne semble, en effet, guère nourrir d’intérêts particuliers pour les relations internationales. Ce constat, partagé par plusieurs contemporains5, conduit 1 Y. Lenain, « En marge d’une esthétique nouvelle », in La Nouvelle Équipe, n° 1, 15 octobre 1926, p. 27. 2 É. Bussière, « Le foisonnement de l’entre-deux-guerres », in É. Bussière, M....

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