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Esquisses d’une Europe nouvelle

L’européisme dans la Belgique de l’entre-deux-guerres (1919-1939)

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Geneviève Duchenne

Alors que ce n’est qu’à partir des années 1950 que le projet européen se traduit dans les institutions et dans les politiques, l’idée européenne, suscite déjà, et ce, dès l’entre-deux-guerres, de multiples initiatives.
Cet ouvrage issu d’une thèse de doctorat, souhaite apporter une contribution originale à la connaissance des courants européistes qui fleurirent dans la Belgique des années 1920 et 1930.
Fondé sur l’exploitation de sources multiples et inédites, il révèle la richesse insoupçonnée des projets et des mouvements engendrés dans le contexte de l’Europe de Versailles. Invitant à découvrir l’Europe telle que la conçurent la génération de la guerre et celle de la crise à travers leurs cadres mentaux, chronologiques et géographiques, cette étude met en lumière le rôle des cercles, des milieux ainsi que des moments-clés.
Elle place enfin l’accent sur les lieux qui de Genève à Vienne et Paris, puis de Bruxelles à Berlin, incarnent l’européisme de l’époque.

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CHAPITRE II. Vers un nouvel ordre européen ? Les nouvelles relèves belges et l’idée d’Europe unie (1919-1936) 119

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CHAPITRE II Vers un nouvel ordre européen ? Les nouvelles relèves belges et l’idée d’Europe unie (1919-1936) I. Introduction : Une École de la Paix à Bruxelles ? (janvier 1933) Pour la génération qui est née de la guerre, au sanglant tumulte des armes a succédé l’angoissant tumulte des esprits. L’inquiétude, que provoque l’igno- rance, habite les cœurs. De quoi demain sera-t-il fait ? Quel est le destin de l’Europe ?1 Préoccupé, lui aussi, par cette question lancinante, le socialiste belge Jules Destrée publie, en janvier 1933, un article dans lequel il propose de créer une « École de la Paix » à Bruxelles2. Si le vieux socialiste se calque sur le modèle parisien lancé par la revue L’Europe Nouvelle de Louise Weiss3, il entend surtout rassembler les jeunes générations qui ne s’intègrent plus dans le cadre des partis traditionnels et se démarquent par leur volonté de transformer le régime : « Réunir des jeunes, au-dessus et en dehors des partis, leur offrir un lieu de rendez-vous, de groupement, de réunion, de parole, de discussion, entendre des idées neuves, sans s’effrayer de leur caractère subversif ou réactionnaire, tel pourrait être le but de la Nouvelle École »4. Le projet n’aboutira pas5. Mais, Destrée qui énumère une série de grou- pements – l’Union belge pour la SDN, l’Institut d’économie européenne, la Jeune Europe – et de revues – L’Esprit nouveau, Préparation, Équi- 1 J. Crokaert,...

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