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Le sens grammatical

Référentiel à l’usage des enseignants – Deuxième édition revue et augmentée

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Dan Van Raemdonck, Marie Detaille and Lionel Meinertzhagen

Ceci n’est pas une grammaire. Quoique. N’est-il pas présomptueux de vouloir rajouter une grammaire à la grammaire ? Cependant, les enseignants que nous rencontrons depuis plusieurs années maintenant ressentent et pensent la grammaire comme arbitraire et dogmatique, peu systémique. Leur attitude révèle une certaine insécurité face à la matière à enseigner. D’où la démarche entreprise de rédiger un référentiel grammatical à leur usage. Plutôt qu’une parole dogmatique, nous proposons un chemin progressif d’acquisition, comme en spirale.
L’appropriabilité du discours grammatical dépend, selon nous, de la réinstauration du sens. En effet, si le savoir a du sens pour l’apprenant, si le système présenté est organisé de manière cohérente et ne se réduit pas à une classification ou à un étiquetage décalés de l’usage et de la construction/interprétation de la signification, la grammaire, qui n’est dès lors plus orthocentrée, apparaitra plus en phase avec la langue telle que l’exploitent les divers usagers. Elle ne sera plus vue comme un discours abstrait et inappropriable car inadapté.
Dans cette perspective, nous avons interrogé le savoir à transmettre, révisé le discours sur la langue afin de nous assurer de sa justesse – celui-ci ayant trop souvent été constitué en savoir presque en soi –, de sa cohérence et de son appropriabilité, et proposé une « linguistique applicable ».

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MODULE 4 - Grammaire d’accord 329

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MODULE 4 : 4 Grammaire d’accord 331 4.1 Introduction : l’usage, le bon usage et la norme Depuis Vaugelas (1647) et ses Remarques sur la langue françoise, l’enregistrement de l’usage s’est souvent mué en règlementation de celui- ci, et ce, sur la base de critères esthétiques, voire sociaux. L’usage décrit par Vaugelas repose sur « la façon de parler de la plus saine partie de la Cour conformément à la façon d’écrire de la plus saine partie des auteurs du temps ». La grammaire scolaire, initiée par Lhomond en 1780, prend le relais de cette conception, et le Belge Maurice Grevisse, dans son Bon usage, y fait clairement référence, lorsqu’il en sous-titre certaines éditions : avec des remarques sur la langue française d’aujourd’hui. Le concept de norme est donc central en français. 4.1.1 L’usage et la norme Lorsqu’on cherche à se représenter une langue donnée, on est souvent confronté à ce dilemme : est-ce que je dois représenter la langue telle qu’elle est parlée, ou est-ce que je dois la représenter telle qu’elle devrait être parlée si elle était bien parlée ? Cette question est fondamentale dans les premières grammaires qui ont été réalisées sur la plupart des langues. Aujourd’hui, la linguistique cherche à séparer la description scientifique d’une langue des préoccupations concernant sa norme. Cet objectif pose un problème de fond : où passe la frontière entre l’usage et la norme ? 4.1.1.1 Aux...

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