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Une lecture de «Im Zwischenland»

Le paradigme de l’altérité au cœur de la création romanesque de Lou Andreas-Salomé

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Britta Benert

C’est dans une notoriété encore toute relative que sont fêtés cette année les 150 ans de la naissance de Lou Andreas-Salomé (1861-1937). Pendant plusieurs décennies, la critique s’est contentée de mettre en valeur la si fascinante image d’une femme libre ayant fréquenté les hauts lieux de la modernité européenne, quand ce n’était pas la muse d’auteurs ou de personnalités plus prestigieuses.
Longtemps, et au mieux, son identité d’écrivain est restée au second plan. Or, Lou Andreas-Salomé a écrit une dizaine de textes romanesques, principalement entre 1885 et 1911. L’Europe littéraire était alors en pleine ébullition, à la recherche de nouvelles expressions esthétiques. Si ses travaux ont suscité ces dernières années un élan nouveau, visant à sortir son œuvre d’une plate approche biographique, un ouvrage consacrée exclusivement à l’un de ses textes littéraires, en l’occurrence Im Zwischenland, faisait encore défaut.
Comment en ces temps de profondes mutations, Lou aborde-t-elle la notion d’altérité ? Quels prolongements la poétique immanente du texte permet-elle de dessiner en regard des entre-deux linguistiques et culturels du monde actuel ? L’analyse de Im Zwischenland (1902) proposée par cet ouvrage fait pleine lumière sur la polysémie du titre du recueil, avec en arrière-fond les débats et les enjeux esthétiques de l’Europe au tournant du siècle.

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Avant-propos 9

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Avant-propos Dans un compte rendu écrit à l’occasion de la publication du recueil de nouvelles Im Zwischenland en 1902, une consœur et amie de Lou Andreas-Salomé écrit : […] Man muß die Bücher der Lou Andreas wieder und wieder lesen, um die ganze Fülle seiner Züge zu erfassen. Da ist kein leeres Zufallswort, kein Satz, der ebensogut hätte an anderer Stelle stehen können, keine anschei- nend noch so geringfügige Einzelheit, die nicht eine ganz bestimmte Bedeu- tung hätte. Und doch lesen sich diese Erzählungen so leicht und lustig, daß gar mancher sich frohgemut daran ergötzen wird, ohne sich der Tiefe, über die er schifft, bewußt zu werden. In der That scheint es mir, als ob viele die- se in kindlichem Ton vorgetragenen, einfachen Geschichten viel zu ober- flächlich auffassen, daß sie sich mit Lust oder auch Unlust an die schim- mernde Schale halten und den Kern gar nicht bemerken […] (Bülow, 1902- 1903 : 474-475)1. C’est en travaillant à ma thèse à la fin des années 1990 que j’ai pris connaissance de ces lignes qui mettent en garde contre la tentation d’une lecture superficielle de l’œuvre romanesque saloméenne, tout en souli- gnant avec bonheur la richesse et la profondeur parfois méconnues de l’auteur. Sous l’égide de Stéphane Michaud, auteur de travaux sur Lou Andreas-Salomé qui la sortent enfin des représentations fantasmatiques dont on l’a trop longtemps tenue prisonnière2, j’ai commencé à prendre au mot l’amie...

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