Show Less

Une lecture de «Im Zwischenland»

Le paradigme de l’altérité au cœur de la création romanesque de Lou Andreas-Salomé

Series:

Britta Benert

C’est dans une notoriété encore toute relative que sont fêtés cette année les 150 ans de la naissance de Lou Andreas-Salomé (1861-1937). Pendant plusieurs décennies, la critique s’est contentée de mettre en valeur la si fascinante image d’une femme libre ayant fréquenté les hauts lieux de la modernité européenne, quand ce n’était pas la muse d’auteurs ou de personnalités plus prestigieuses.
Longtemps, et au mieux, son identité d’écrivain est restée au second plan. Or, Lou Andreas-Salomé a écrit une dizaine de textes romanesques, principalement entre 1885 et 1911. L’Europe littéraire était alors en pleine ébullition, à la recherche de nouvelles expressions esthétiques. Si ses travaux ont suscité ces dernières années un élan nouveau, visant à sortir son œuvre d’une plate approche biographique, un ouvrage consacrée exclusivement à l’un de ses textes littéraires, en l’occurrence Im Zwischenland, faisait encore défaut.
Comment en ces temps de profondes mutations, Lou aborde-t-elle la notion d’altérité ? Quels prolongements la poétique immanente du texte permet-elle de dessiner en regard des entre-deux linguistiques et culturels du monde actuel ? L’analyse de Im Zwischenland (1902) proposée par cet ouvrage fait pleine lumière sur la polysémie du titre du recueil, avec en arrière-fond les débats et les enjeux esthétiques de l’Europe au tournant du siècle.

Prices

Show Summary Details
Restricted access

Chapitre III. Le Zwischenland saloméen au regard de la notion d’interculturalité 109

Extract

CHAPITRE III Le Zwischenland saloméen au regard de la notion d’interculturalité L’émergence de la notion d’interculturalité est récente. Apparue au cours des années 1980, elle est en lien direct avec les moments clés de notre monde actuel : les tentatives de consolidation européenne, la mondialisation et les phénomènes de migration qui en découlent. L’intérêt qui est porté au concept s’explique en partie par la volonté d’appréhender les profondes modifications à l’œuvre, accélérées depuis la chute du mur de Berlin, et qui touchent tout particulièrement aux questions de frontière, sur fond d’interrogation fondamentale de la notion de culture. Indéniablement en vogue, mise en question par ses apologètes les plus passionnés, la notion d’interculturalité apparaît dans notre monde occidental dans l’intitulé de divers parcours universitaires nouvellement créés. Elle envahit les titres de colloques, occupe les discours politiques au plus haut niveau – souvenons-nous que Parlement et Conseil de l’Europe avaient proclamé l’année 2008 « année européenne du dia- logue interculturel » – et se trouve investie par différents champs disci- plinaires tels que la sociologie, la pédagogie, la philosophie, la psycho- logie, la didactique des langues. Auprès du flou méthodologique et définitionnel régulièrement souligné, tout comme le danger de son appropriation politique, il est communément admis que l’objet central des études interculturelles est la question de l’altérité1. Dans le cadre des études...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.