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Relire Madeleine Bourdouxhe

Regards croisés sur son œuvre littéraire

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Edited By Cécile Kovacshasy and Christiane Solte-Gresser

Si l’œuvre littéraire de Madeleine Bourdouxhe (1906-1996) a laissé une trace discrète dans l’histoire de la littérature, il n’en reste pas moins que son premier roman, La Femme de Gilles (1937), vit le jour chez Gallimard grâce à l’enthousiasme de Jean Paulhan puis de Raymond Queneau. Simone de Beauvoir jadis et Marie NDiaye aujourd’hui la comptent parmi leurs références.
Trois quarts de siècle après son premier grand succès de librairie, il n’existait toutefois aucun livre consacré à cette œuvre. Réalisée par des spécialistes, cette première étude vient combler une étonnante lacune en présentant des analyses de toutes les œuvres de Bourdouxhe – y compris des textes inédits à ce jour.
Relire Madeleine Bourdouxhe propose des perspectives d’analyses nombreuses et diversifiées. L’ouvrage comporte en outre une biobibliographie exhaustive et répertorie les documents de la romancière conservés aux Archives & Musée de la Littérature à Bruxelles.

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PREMIÈRE PARTIE - ROMANS

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PREMIÈRE PARTIE ROMANS La Femme de Gilles Roman expérimental Sylvie THOREL-CAILLETEAU La Femme de Gilles : l’évidence et la simplicité apparentes de ce titre sont la formule d’une énigme qui fonde l’écriture de Madeleine Bourdouxhe. Un être semble désigné par son sexe et par son apparte- nance à un homme dont on ne connaît et ne connaîtra que le prénom, de la même façon que cet homme, aux dernières lignes du roman, est appelé « l’homme d’Elisa » – désigné à son tour par son sexe et par son appartenance à une femme dont on ne connaît que le prénom. Le tour est populaire et il suppose, exhibé sur la couverture d’un livre, que le point de vue adopté à l’intérieur de ce livre émane du milieu même où se déroule l’histoire : l’auteur du roman s’exprimerait à la façon de Marthe, la voisine qui appelle Gilles « l’homme d’Elisa », et surtout à la façon d’Elisa elle-même, qui se définit à plusieurs reprises, fièrement, comme « la femme de Gilles ». Jointe au fait que les personnages restent sans patronyme tout au long de ces pages, cette particularité indique le choix de la proximité, dans la conduite du récit, et le refus de se placer d’un point de vue surplombant ou extérieur ; il n’y aura pas de dehors à cette histoire, on n’y verra jamais les personnages paraître aux yeux de la société, aucun témoin ne sera jamais convoqu...

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