Show Less

Relire Madeleine Bourdouxhe

Regards croisés sur son œuvre littéraire

Series:

Edited By Cécile Kovacshasy and Christiane Solte-Gresser

Si l’œuvre littéraire de Madeleine Bourdouxhe (1906-1996) a laissé une trace discrète dans l’histoire de la littérature, il n’en reste pas moins que son premier roman, La Femme de Gilles (1937), vit le jour chez Gallimard grâce à l’enthousiasme de Jean Paulhan puis de Raymond Queneau. Simone de Beauvoir jadis et Marie NDiaye aujourd’hui la comptent parmi leurs références.
Trois quarts de siècle après son premier grand succès de librairie, il n’existait toutefois aucun livre consacré à cette œuvre. Réalisée par des spécialistes, cette première étude vient combler une étonnante lacune en présentant des analyses de toutes les œuvres de Bourdouxhe – y compris des textes inédits à ce jour.
Relire Madeleine Bourdouxhe propose des perspectives d’analyses nombreuses et diversifiées. L’ouvrage comporte en outre une biobibliographie exhaustive et répertorie les documents de la romancière conservés aux Archives & Musée de la Littérature à Bruxelles.

Prices

Show Summary Details
Restricted access

QUATRIÈME PARTIE - REGARDS

Extract

QUATRIÈME PARTIE REGARDS Madeleine Bourdouxhe vue par Simone de Beauvoir Deux extraits du Deuxième Sexe (1949) L’homme après le coït, qu’il se sente triste ou joyeux, dupé par la na- ture ou vainqueur de la femme, en tout cas renie la chair ; il redevient un corps intègre, il veut dormir, prendre un bain, fumer une cigarette, sortir au grand air. Elle voudrait prolonger le contact charnel jusqu’à ce que l’envoûtement qui l’a faite chair se dissipe tout à fait ; la séparation est un arrachement douloureux comme un nouveau sevrage ; elle a de la rancune contre l’amant qui s’écarte d’elle trop brusquement. Mais ce qui la blesse davantage, ce sont les paroles qui contestent la fusion à laquelle pendant un moment elle avait cru. La « femme de Gilles », dont Made- leine Bourdouxhe a raconté l’histoire, se rétracte quand son mari lui demande : « Tu as bien joui ? », elle lui met la main sur la bouche ; le mot fait horreur à beaucoup de femmes parce qu’il réduit le plaisir à une sensation immanente et séparée. « C’est assez ? tu en veux encore ? c’était bon ? » Le fait même de poser la question manifeste la séparation, change l’acte amoureux en une opération mécanique dont le mâle a assumé la direction (Le Deuxième Sexe, vol. II, « L’initiation sexuelle », Paris, Gallimard, coll. « Folio classiques », 1976, 183-184).  On a hautement vanté la poésie des travaux ménagers. Il est vrai qu’ils mettent la...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.