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Quelles architectures pour quelle Europe ?

Des projets d’une Europe unie à l’Union européenne (1945–1992)

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Edited By Sylvain Schirmann

Le projet d’Europe unie tel qu’il s’est forgé progressivement porte avec lui l’ambition de sécuriser et de pacifier un continent sujet, jusqu’à une époque récente, de conflits répétitifs et meurtriers. Au-delà de ce premier objectif, ne s’agissait-il pas non plus de favoriser, à travers un processus d’unification, la croissance économique et la protection sociale sinon de lutter contre un déclin ou un recul des États européens sur la scène internationale ? Et cela depuis plus d’un siècle, face à l’affirmation des États-Unis, du Japon, puis plus récemment face aux indépendances coloniales, voire face aux pays émergents.
Derrière le projet européen se retrouvent plusieurs termes : paix, croissance, protection sociale, état de droit, affirmation et solidarités internationales. Une question demeure cependant : quelle voie suivre pour y parvenir ? Quels schémas mettre en place pour s’en approcher ?
Il s’agit donc d’explorer, par des approches croisées qui constituent la matière de ces textes, les représentations et les visions des hommes d’État, des responsables de partis politiques, des personnalités de premier plan des institutions européennes, qui ont pendant un demi-siècle dessiné des voies possibles pour le projet européen et contribué souvent de façon significative à la construction du meccano institutionnel grâce auquel les politiques européennes se sont développées.

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QUATRIÈME PARTIE - RELANCE, ÉLARGISSEMENT ET FIN DE LA GUERRE FROIDE

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QUATRIÈME PARTIE RELANCE, ÉLARGISSEMENT ET FIN DE LA GUERRE FROIDE 295 Felipe González et l’architecture de l’Europe Ambition, vision et projet Matthieu TROUVÉ La cause paraît entendue : Felipe González est non seulement le premier socialiste président du gouvernement espagnol démocratique- ment arrivé au pouvoir depuis 1936, il est aussi l’homme politique à avoir fait entrer l’Espagne dans la Communauté européenne ; la mé- moire nationale espagnole retiendra son action décisive qui a permis ce retour à l’Europe donnant un aspect plus méditerranéen à l’Europe des Douze. Au niveau européen, Felipe González, président du « groupe de réflexion sur l’avenir de l’Europe », fait désormais figure de sage chargé de remettre l’Europe sur de bons rails au XXIe siècle. Contrairement à la France, l’Allemagne, l’Italie ou la Belgique, l’Espagne ne compte pas de « Pères fondateurs » de l’Europe ou d’archi- tecte de la construction européenne, du moins de ses origines. À moins de faire appel à l’histoire et d’invoquer Charles Quint – qui, comme chacun sait, parlait latin au Pape, l’espagnol à Dieu, l’anglais aux mar- chands, l’italien aux dames, le français aux hommes et l’allemand à son cheval –, à moins de citer des philosophes et intellectuels, comme Miguel de Unamuno, José Ortega y Gasset ou Salvador de Madariaga, l’Espagne ne compte aucun véritable fondateur de l’Europe actuelle, aucun bâtisseur au même titre qu’un Robert Schuman, qu’un Jean Monnet, qu’un Konrad Adenauer, qu’un Alcide De Gasperi ou qu’un Paul-Henri Spaak. Cette carence,...

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