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Du civil au politique

Ethnographies du vivre-ensemble

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Edited By Mathieu Berger, Daniel Cefaï and Carole Gayet-Viaud

Ce livre a remporté le prix Jean Widmer 2012 de l’Université de Fribourg, Suisse.
Plus qu’une simple méthode, l’enquête ethnographique permet de poser de nouvelles questions sur le politique, en rupture avec ses représentations comme un domaine d’activités en soi, circonscrit à la politique institutionnelle ou aux politiques publiques.
Recueillies aux quatre coins du monde (Brésil, États-Unis, Chine, Algérie, Espagne, Italie, Suisse, Belgique, France), les études de cas ici rassemblées examinent le politique par le bas, tel qu’il se fait, depuis son enracinement dans les affaires de tous les jours. En engageant différentes espèces de description ethnographique, elles invitent à repenser l’articulation entre lien civil et vie politique sous trois angles complémentaires.
D’abord, celui des expériences ordinaires, généralement définies comme infra-politiques, depuis où nous nous projetons dans la vie publique. Celui, ensuite, des moments de politisation qui font surgir des questions sur le bien public, au cœur même du monde de la vie quotidienne. Celui, enfin, des modalités pratiques de l’engagement politique, au sens classique, dans des actions qui ont pour visée expresse la transformation du monde.

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INTRODUCTION. Du politique comme chose au politique comme activité. Enquêter sur le devenir politique de l’expérience ordinaire (Mathieu Berger et Carole Gayet-Viaud) 9

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9 Du politique comme chose au politique comme activité Enquêter sur le devenir politique de l’expérience ordinaire Mathieu BERGER et Carole GAYET-VIAUD S’il y a une leçon à tirer par-dessus tout des méthodes des sciences physiques, c’est que les faits et les idées sont strictement corrélatifs. John Dewey1 Lorsque la philosophie, la science sociale ou la science politique se détournent de l’expérience ordinaire, la considérant comme anecdotique, contingente ou triviale, elles prennent un risque : celui de contribuer au retrait des citoyens de la vie publique, de creuser le divorce du monde et de la pensée, en confortant l’idée que l’existence quotidienne et le monde politique sont désormais sans commune mesure. Castoriadis, qui figure parmi les penseurs du politique à s’être inquiétés de la perte de capacité des citoyens à être de véritables citoyens, au sens aristotélicien d’une capacité aussi bien à gouverner qu’à être gouverné, déplorait l’absence d’une éducation des personnes, dès l’enfance, à la partici- pation active à la vie publique. Les sociologues et les anthropologues ne participent-ils pas aujourd’hui eux aussi de ce phénomène, dès lors qu’ils confient la pensée du politique aux seuls « spécialistes de la chose » ?2 Le présent ouvrage propose une contribution de l’enquête ethnogra- phique aux entreprises récentes qui entendent s’opposer aux conceptions réifiantes du politique, le représentant comme chose en soi, domaine propre, clos, autonome et clairement circonscrit, dont l’int...

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