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La circonstance lyrique

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Edited By Claude Millet

« Le monde est si grand, si riche, et la vie offre un spectacle si divers que les sujets de poésie ne feront jamais défaut. Mais il est nécessaire que ce soient toujours des poésies de circonstance, autrement dit il faut que la réalité fournisse l’occasion et la matière. »
C’est en partant de cette fameuse déclaration faite par Goethe à Eckermann que les contributeurs de ce volume ont voulu décentrer l’approche du lyrisme de son sujet à sa circonstance. Soit, étymologiquement, ce qui se tient debout autour du Je, et ce qui lui fournit à la fois son « occasion » et sa « matière ».
Ce travail de décentrement, opéré sur le temps long de l’histoire de la poésie – de Pindare à Jean-Marie Gleize ou Marc Quaghebeur en passant par les chants de croisade, les hymnes et péans des guerres de religion ou encore Francis Ponge et Christian Dotremont – entend ainsi attirer l’attention sur deux dimensions de la poésie lyrique. Sa valeur de performance, en situation. Sa capacité à se saisir de la réalité.

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TROISIÈME PARTIE. QUESTIONS DE LIEU

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TROISIÈME PARTIE QUESTIONS DE LIEU 1. La scénographie énonciative dans la poésie lyrique latine Alain DEREMETZ Suivant l’une des suggestions avancées par Claude Millet dans son texte programmatique, c’est à la circonstance lyrique, entendue comme scène de la diction, que je me suis intéressé. Je la concevais non pas comme une donnée extérieure, événement historique, cadre rituel ou situation de vie, qui préexisterait à la production de l’”uvre en la déterminant (i.e. ce dont elle parle), ni comme le cadre ou le contexte au cours de laquelle s’effectue la performance poétique (i.e. quand, à qui, où et comment elle parle – lecture, récitation, chant, etc.) mais, à la manière dont la pragmatique littéraire envisage le contexte de l’”uvre littéraire, comme une donnée interne à cette ”uvre, à savoir comme « la situation à travers laquelle (elle) pose, [formule ou figure] son énonciation [sous son double aspect de texte composé et prononcé1], celle qui la rend légitime et qu’elle légitime en retour ». S’il est incontestable, en effet, que les deux premières « circonstan- ces », entendues comme faits empiriques relevant du biographique et/ou de l’historique, ont existé en amont et à l’extérieur de l’”uvre, et que leur identification sert la compréhension ou l’interprétation de cette ”uvre, comme fait pragmatique la « troisième circonstance » se trouve aussi au sein de celle-ci puisqu’elle est (doit être ?) validée par l’énoncé même qui permet de la d...

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