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Générations de fédéralistes européens depuis le XIXe siècle

Individus, groupes, espaces et réseaux

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Edited By Geneviève Duchenne and Michel Dumoulin

Cet ouvrage reconsidère l’histoire du militantisme européen à l’aune du concept de génération. Essentielle pour appréhender le changement social et mesurer le temps historique, cette approche permet de percevoir autour de trois moments clés – avant 1900, autour de 1930 et autour de 1960 – les lignes de force qui structurent le discours européen.
En effet, les onze contributions rassemblées ici revisitent l’engagement de quelques fédéralistes européens aux XIX e et XX e siècles au sein d’espaces nationaux spécifiques – belge, hollandais, français, allemand, autrichien, hongrois, polonais ou encore italien.
La prise en compte des phénomènes d’âge est, en effet, particulièrement utile pour expliquer l’apparition, le développement et le succès, ou l’insuccès, de courants idéologiques nouveaux par-delà les ruptures provoquées par des crises politiques, sociales ou économiques.
Aussi, au-delà de l’engagement individuel au sein d’en espace géographique défini, ce sont bien des groupes et des réseaux qui émergent, à des moments-clés, sur la scène européenne.

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Les conditions de l’engagement européen au XXIe siècle 15 (Bernard Bruneteau)

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15 Les conditions de l’engagement européen au XXIe siècle Bernard BRUNETEAU Professeur à l’Université Pierre Mendès France, Grenoble II Dans une lettre naïve et quelque peu pathétique adressée le 21 juillet 1943 à un conseiller de l’ambassade du Reich à Paris, René Chateau, agrégé de philosophie, pacifiste, né en 1906 et séduit un temps par l’« Europe nouvelle » nazie au point d’intégrer la direction politique du journal collaborationniste La France socialiste, revenait sur l’itinéraire de sa génération et son engagement au service du projet européen : Mes amis et moi-même sommes depuis de longues années des militants convaincus du rapprochement franco-allemand et de l’idée européenne. Nous avons, pour ces idées, combattu au moment de l’adversité allemande, sous la République de Weimar. Nous avons continué cette lutte après l’avè- nement du national-socialisme, malgré les injures et les calomnies. Nous avons continué depuis l’armistice, malgré les ressentiments que tant de nos concitoyens nourrissent contre l’Allemagne. Nous sommes disposés à conti- nuer encore, à continuer toujours. Car rien ne nous inspire que la volonté de faire cesser entre vous et nous les guerres cruelles qui, en moins d’un siècle, ont trois fois décapité nos jeunesses, et que de construire enfin une Europe équitable et libre, où les jeunes générations puissent vivre1. Il y éclaire remarquablement bien les notions que les historiens ont depuis lors mises en valeur pour expliquer l’engagement : la force d...

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