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Les États baltes en transition

Le retour à l’Europe

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Edited By Céline Bayou and Mathieu Chillaud

Le retour des États baltes à l’Europe, après quelque quarante-cinq ans d’occupation soviétique, suscite aujourd’hui encore admiration et étonnement. L’Estonie, la Lettonie et la Lituanie ont réussi un pari ô combien remarquable compte tenu des conditions politiques, économiques et sociales qui étaient les leurs au tout début des années 1990. Ce succès ne doit pourtant rien au hasard, résultant plutôt d’une volonté réaffirmée avec constance : vingt ans durant, les habitants de ces trois pays auront tout mis en œuvre pour être enfin reconnus comme des Européens à part entière.
À bien des égards, ce tropisme constitue le dénominateur commun de l’Estonie, de la Lettonie et de la Lituanie qui tiennent parfois également à se distinguer, affirmant leurs différences et leurs caractéristiques propres. Elles sont ici largement prises en compte.
Combinant profondeur historique et rigueur analytique, cet ouvrage rassemble les contributions d’une quinzaine de chercheurs aux profils académiques éclectiques et aux horizons géographiques tout aussi variés. Il met en lumière les éléments structurants de ce retour à l’Europe, permettant ainsi de comprendre comment, par un parcours quasiment sans faute, trois États post-soviétiques ont pu rapidement rejoindre les structures euro-atlantiques et affirmer leur pleine identité.

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DEUXIÈME PARTIE. LES BLESSURES DE LA MÉMOIRE

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DEUXIÈME PARTIE LES BLESSURES DE LA MÉMOIRE 85 Usage mnémonique et violence symbolique dans les relations russo-baltes Matthieu CHILLAUD Institut d’études politiques et administratives (Tartu) Vingt ans après l’indépendance des États baltes et plus de huit ans après leur double adhésion à l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlan- tique nord) et à l’UE (Union européenne), un constat s’impose : les querelles et les différends liés à la mémoire, c’est-à-dire à l’attribution du sens donné à l’histoire, continuent de structurer émotionnellement les relations russo-baltes. Cette dissonance, particulièrement prégnante dans un contexte où les options de politique étrangère des trois pays ont été vigoureusement combattues par la Russie (Chillaud, 2009a), a, semble-t- il, atteint son zénith à la fin du mois d’avril 2007 : après que les auto- rités estoniennes, irritées par le déploiement de drapeaux soviétiques dans la capitale, ont décidé de déplacer la « statue de bronze » – monu- ment représentant un héros soviétique incarnant « la victoire des pa- triotes soviétiques contre les fascistes nazis » et lieu de pèlerinage de nombreux russophones d’Estonie –, plusieurs milliers d’émeutiers russo- phones ont saccagé le centre-ville de Tallinn. S’en est suivie une grave crise politique avec Moscou qui a d’ailleurs fait écho à celle qui avait éclaté deux ans plus tôt : en effet, le 9 mai 2005, à l’occasion des com- mémorations des soixante ans de la victoire (soviétique) sur le régime...

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