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Les États baltes en transition

Le retour à l’Europe

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Edited By Céline Bayou and Mathieu Chillaud

Le retour des États baltes à l’Europe, après quelque quarante-cinq ans d’occupation soviétique, suscite aujourd’hui encore admiration et étonnement. L’Estonie, la Lettonie et la Lituanie ont réussi un pari ô combien remarquable compte tenu des conditions politiques, économiques et sociales qui étaient les leurs au tout début des années 1990. Ce succès ne doit pourtant rien au hasard, résultant plutôt d’une volonté réaffirmée avec constance : vingt ans durant, les habitants de ces trois pays auront tout mis en œuvre pour être enfin reconnus comme des Européens à part entière.
À bien des égards, ce tropisme constitue le dénominateur commun de l’Estonie, de la Lettonie et de la Lituanie qui tiennent parfois également à se distinguer, affirmant leurs différences et leurs caractéristiques propres. Elles sont ici largement prises en compte.
Combinant profondeur historique et rigueur analytique, cet ouvrage rassemble les contributions d’une quinzaine de chercheurs aux profils académiques éclectiques et aux horizons géographiques tout aussi variés. Il met en lumière les éléments structurants de ce retour à l’Europe, permettant ainsi de comprendre comment, par un parcours quasiment sans faute, trois États post-soviétiques ont pu rapidement rejoindre les structures euro-atlantiques et affirmer leur pleine identité.

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TROISIÈME PARTIE. L’ANGOISSE SÉCURITAIRE

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TROISIÈME PARTIE L’ANGOISSE SÉCURITAIRE 121 Pacifier les relations russo-baltes Le rôle de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe et du Conseil des États de la mer Baltique Philippe PERCHOC Collège d’Europe (Bruges) L’Estonie, la Lettonie et la Lituanie sont les seules anciennes répu- bliques soviétiques à être aujourd’hui membres de l’Union européenne (UE) et de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN). Les trois pays avaient fait de leur double adhésion la priorité absolue de leurs politiques étrangères dès le milieu des années 1990 (Lamoreaux et Galbreath, 2008). L’année 2004 a été celle du succès de cette stratégie de double candidature, et l’originalité de la situation des États baltes dans l’espace européen a suscité l’intérêt des commentateurs et des chercheurs, tout comme l’opposition radicale de la Russie avant 2004 à cette politique développée par ces anciennes républiques soviétiques (Chillaud, 2009a). Il convient, néanmoins, de replacer les vingt années consécutives à la chute de l’URSS dans le contexte de la naissance d’une région baltique. La « révolution géopolitique » balte n’a pas été le fruit de la seule volonté de Tallinn, de Riga et de Vilnius de rejoindre les structures euro- atlantiques, c’est-à-dire le résultat exclusif d’une stratégie de soustrac- tion. En effet, elle découle également d’un mouvement concomitant d’intégration régionale, dans lequel les États baltes mais aussi...

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