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Un rêve de puissance

La France et le contrôle de l’économie allemande (1942-1949)

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Martial Libera

Au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, la France a-t-elle tenté d’abaisser l’Allemagne pour devenir, à sa place, la première puissance industrielle et sidérurgique du continent européen ? En d’autres termes, les décideurs français ont-ils projeté de hisser la France au rang de grande puissance sur les cendres d’une Allemagne vaincue et occupée ?
En se fondant sur une très large documentation, issue d’archives publiques et privées, françaises et allemandes, ce livre revisite ces questions essentielles, toujours en débat dans l’historiographie. Pour approcher au plus près la politique économique de la France vis-à-vis de l’Allemagne, il s’appuie sur la méthodologie de l’école française d’histoire des relations internationales.
Il analyse les objectifs des différents acteurs de la politique allemande de la France, les projets concurrents élaborés par la haute administration française, les processus décisionnels aboutissant à la définition des politiques défendues par les gouvernements successifs. Il étudie aussi les « forces profondes » et les relations de la France avec ses Alliés qui agissent comme autant de contraintes, intérieures et extérieures, sur les ambitions françaises. En définitive, cet ouvrage met en lumière l’abîme existant entre la volonté de puissance affichée par la France, les moyens réellement mis en œuvre et les résultats effectivement obtenus.

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Introduction générale 23

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23 Introduction générale « Cette puissance, ah ! puisse-t-elle devenir la grande ambition na- tionale ! »1 C’est sur cette exclamation que le général de Gaulle conclut – lors d’un discours qu’il prononce en mars 1945 à l’Assemblée natio- nale consultative – un long passage dans lequel il présente aux députés ses ambitions économiques pour la France. La reconstruction écono- mique, martèle-t-il, est la condition première du renouveau national. Elle passe par l’accroissement et la rationalisation de la production ainsi que par la coopération de toutes les forces vives du pays. La reconstruction suppose aussi que la France, qui manque de charbon, bénéficie d’un approvisionnement suffisant. Or, à la faveur de la victoire, de Gaulle est convaincu que la France pourra à nouveau, comme après 1918, obtenir ce « complément nécessaire » des mines de la Sarre et de la Ruhr. Disposant du charbon allemand, possédant « les plus riches gisements de fer de toute l’Europe », la France, poursuit-il, sera alors à même de « se donner la très puissante industrie métallurgique d’où sortent loco- motives, wagons, rails, navires, avions, machines, outillages, arme- ments, charpentes des bâtiments et dont procède l’activité des entre- prises mécaniques et chimiques »2. À n’en pas douter, de Gaulle rêve de voir la France transformée en une puissance sidérurgique. Il voit grand : « mais, du moment qu’il s’agit de la France et quelle que soit temporai- rement sa situation, c’est la sagesse et la...

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