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Un rêve de puissance

La France et le contrôle de l’économie allemande (1942-1949)

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Martial Libera

Au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, la France a-t-elle tenté d’abaisser l’Allemagne pour devenir, à sa place, la première puissance industrielle et sidérurgique du continent européen ? En d’autres termes, les décideurs français ont-ils projeté de hisser la France au rang de grande puissance sur les cendres d’une Allemagne vaincue et occupée ?
En se fondant sur une très large documentation, issue d’archives publiques et privées, françaises et allemandes, ce livre revisite ces questions essentielles, toujours en débat dans l’historiographie. Pour approcher au plus près la politique économique de la France vis-à-vis de l’Allemagne, il s’appuie sur la méthodologie de l’école française d’histoire des relations internationales.
Il analyse les objectifs des différents acteurs de la politique allemande de la France, les projets concurrents élaborés par la haute administration française, les processus décisionnels aboutissant à la définition des politiques défendues par les gouvernements successifs. Il étudie aussi les « forces profondes » et les relations de la France avec ses Alliés qui agissent comme autant de contraintes, intérieures et extérieures, sur les ambitions françaises. En définitive, cet ouvrage met en lumière l’abîme existant entre la volonté de puissance affichée par la France, les moyens réellement mis en œuvre et les résultats effectivement obtenus.

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TROISIÈME PARTIE. UN LENT ET DIFFICILE RETOUR AUX RÉALITÉS (ÉTÉ 1946-PRINTEMPS 1948)

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TROISIÈME PARTIE UN LENT ET DIFFICILE RETOUR AUX RÉALITÉS (ÉTÉ 1946-PRINTEMPS 1948) 345 Introduction de la troisième partie Les historiens considèrent en général qu’entre l’automne 1946 et le printemps 1948, la France n’a pas apporté de changements significatifs à sa politique économique vis-à-vis de l’Allemagne. De tous les gouver- nements qui se succèdent alors à la tête du pays, seul le cabinet homo- gène socialiste dirigé par Léon Blum aurait été porteur de réformes économiques d’envergure : les nouvelles formes du contrôle de la Ruhr, une nouvelle politique en ZFO. Mais ce gouvernement de transition, aux affaires pour un mois seulement, manque de temps pour changer vérita- blement de cap. Ses successeurs auraient été moins pressés de remettre en cause la politique suivie depuis septembre 1945. Bref, pendant près de deux ans, l’immobilisme paraît triompher. Ce bilan n’est pas faux. Il restitue bien le fait que, jusqu’à l’été 1948, les évolutions de la politique française sont peu perceptibles. Par contre, il sous-estime les initiatives prises par les dirigeants français visant à la réformer. Ce sont elles qu’il convient d’analyser ici. L’étude porte successivement sur les projets destinés à s’appliquer à l’Allemagne dans son ensemble, puis sur ceux circonscrits à la seule ZFO. C’est dans ce dernier cadre que l’écart entre les intentions affichées et les réalisations effectives est le plus flagrant. Il doit, pour l’essentiel, être imputé à un puissant faisceau...

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