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Un rêve de puissance

La France et le contrôle de l’économie allemande (1942-1949)

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Martial Libera

Au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, la France a-t-elle tenté d’abaisser l’Allemagne pour devenir, à sa place, la première puissance industrielle et sidérurgique du continent européen ? En d’autres termes, les décideurs français ont-ils projeté de hisser la France au rang de grande puissance sur les cendres d’une Allemagne vaincue et occupée ?
En se fondant sur une très large documentation, issue d’archives publiques et privées, françaises et allemandes, ce livre revisite ces questions essentielles, toujours en débat dans l’historiographie. Pour approcher au plus près la politique économique de la France vis-à-vis de l’Allemagne, il s’appuie sur la méthodologie de l’école française d’histoire des relations internationales.
Il analyse les objectifs des différents acteurs de la politique allemande de la France, les projets concurrents élaborés par la haute administration française, les processus décisionnels aboutissant à la définition des politiques défendues par les gouvernements successifs. Il étudie aussi les « forces profondes » et les relations de la France avec ses Alliés qui agissent comme autant de contraintes, intérieures et extérieures, sur les ambitions françaises. En définitive, cet ouvrage met en lumière l’abîme existant entre la volonté de puissance affichée par la France, les moyens réellement mis en œuvre et les résultats effectivement obtenus.

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QUATRIÈME PARTIE. ENTRE CONCURRENCE, COOPÉRATION ET CONTRÔLE (PRINTEMPS 1948-HIVER 1949/1950)

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QUATRIÈME PARTIE ENTRE CONCURRENCE, COOPÉRATION ET CONTRÔLE (PRINTEMPS 1948-HIVER 1949/1950) 495 Introduction de la quatrième partie Lorsque la deuxième session de la conférence de Londres débute, le 20 avril 1948, la situation internationale a profondément changé. Le coup de Prague, en février 1948, aggrave la cassure entre l’Est et l’Ouest. Le retrait des Soviétiques du Conseil de contrôle et leur déci- sion, le 31 mars 1948, de « contrôler militairement toutes les relations alliées, ferroviaires et routières entre Berlin et les zones occidentales » rendent presque inexorable la coupure de l’Allemagne en deux1. Dans le même temps, la coopération entre Alliés occidentaux se renforce. Le pacte de l’Union occidentale est signé à Bruxelles le 17 mars 1948. Cet accord, auquel participent la France, la Grande-Bretagne et les États du Benelux, est officiellement dirigé contre l’Allemagne. Dans son préam- bule, il fait encore allusion au danger allemand et aux mesures que les Cinq s’engagent à prendre contre l’ancien Reich. Mais, en réalité, il sert surtout à se protéger de l’Union soviétique. Au printemps 1948, l’heure est en effet à l’intégration de l’Allemagne de l’Ouest dans le bloc occi- dental. La participation de la ZFO et de la Bizone au plan d’aide améri- cain, dont les Alliés discutent depuis la mi-mars, est officialisée le 16 avril 19482. À la faveur de ce nouveau contexte international, dans lequel la me- nace soviétique se...

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