Show Less

L’énonciation dans la poésie moderne

Approche linguistique des genres poétiques

Series:

Adam Aegidius

La définition de la poésie hante les poètes comme les chercheurs depuis longtemps. Mais peut-on la définir ? La poésie a-t-elle une essence ? Contient-elle des éléments qui lui sont propres ? Ou faut-il la considérer dans une perspective plus large ?
Ce livre examine la poésie moderne sous la perspective des genres et de l’énonciation.
La question des genres s’impose d’autant plus que certaines œuvres poétiques modernes habituellement décrites comme « inclassables » peuvent en fait être intégrées à des genres nouveaux. Parmi ceux-ci, les genres de l’épopée lyrique, de l’autofiction poétique et de la chronique poétique seront ici étudiés méthodiquement, ce qui permettra ainsi d’explorer les limites des genres poétiques modernes.
Fortement liée à cette problématique des genres, la question de l’énonciation conduit à se demander qui parle dans les textes. Celui qui parle dans la poésie, est-ce seulement, comme on l’a souvent affirmé, le « je » lyrique ? Et comment définir cette instance selon des principes linguistiques et énonciatifs ?

Prices

Show Summary Details
Restricted access

PREMIÈRE PARTIE. POUR UN MODÈLE GÉNÉRIQUE

Extract

PREMIÈRE PARTIE POUR UN MODÈLE GÉNÉRIQUE 41 CHAPITRE 1 Le problème de la généricité I. Pourquoi les genres littéraires ? Parler, c’est catégoriser. C’est diviser le monde en classes par le moyen du langage. C’est faire des hiérarchies ou des différences dans les éléments qui nous entourent : « […] catégorisation et catégories sont les éléments fondamentaux, la plupart du temps inconscients, de notre organisation de l’expérience »1. Un cheval n’est pas une lampe, cela est évident. Or, une baleine est-elle un poisson ? Et peut-on se mettre d’accord sur la couleur qu’ont les choses ? La différenciation ou la caté- gorisation des choses n’est pas si simple dès qu’on entre dans les détails. Nous classons les choses selon la langue que nous parlons : nous di- visons le contenu en forme et en substance2, c’est-à-dire que le contenu d’une expression prend une forme dépendant de chaque langue et que cette forme a une substance commune à toutes les langues (Hjelmslev donne pour exemple la couleur grise qui n’existe pas comme forme du contenu en langue kymrique. Dans cet exemple, le spectre des couleurs exprime la substance du contenu, égale à elle-même dans tous les cas). La substance du contenu étant « amorphe », chaque langue prend sa forme du contenu et structure le monde à sa façon. La catégorisation la plus simple comporte non seulement une diffé- renciation (cheval vs lampe), mais également une hi...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.