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Représentation sémantico-conceptuelle et réalisation linguistique

L’"excuse" en classe de FLE au Maroc

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Abdelhadi Bellachhab

La notion de sens appelle de nombreuses interrogations. Quelle est sa vraie nature ? Est-il un produit préstructuré, préalable à l’expérience humaine, qui existe indépendamment des volontés et des intentions humaines, voire séparément des rapports interactionnels sociaux ? Ou bien n’est-ce que le simple résultat des états mentaux relatifs à notre système conceptuel qui s’activent lors de son interaction permanente avec notre entourage socioculturel ? Si ce n’est qu’une affaire de traitement computationnel de l’information, comment est-il alors généré et coconstruit lorsqu’il s’agit de communication ?
Ce sont là des questions qui animent la réflexion proposée dans ce livre qui cherche à retracer les structures représentationnelles sémantico-conceptuelles susceptibles de mobiliser les formes linguistiques réalisées lors de l’interaction verbale. L’analyse menée dans cet ouvrage porte sur la construction et la réalisation de l’acte s’excuser en français langue étrangère, tout en s’appuyant sur deux modèles théoriques, à savoir la grammaire cognitive et la sémantique des possibles argumentatifs.

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PARTIE II. ANCRAGE THÉORIQUE

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PARTIE II ANCRAGE THÉORIQUE 35 CHAPITRE I Théorie des actes de langage Prémices et parcours 1. Introduction « De quelle façon les mots se relient-ils à la réalité ? »1, comment parviennent-ils à avoir du sens ? Quels rapports entretiennent-ils avec leurs émetteurs/destinataires ? Comment les gens parviennent-ils à communiquer et, éventuellement, à se comprendre ? Telles sont les questions qui ont longuement animé la réflexion de la philosophie du langage ; des interrogations qui ont fait naître la théorie des actes de langage, initialement introduite grâce aux apports de John Langshaw Austin dans son ouvrage posthume Quand dire c’est faire2, et dévelop- pée par les travaux de John Rogers Searle3. La publication en 1962 de l’ouvrage Quand dire c’est faire (How to Do Things with Words) repré- sente la véritable naissance de la théorie des actes de langage, la traduc- tion d’une réflexion passionnante autour de la représentation du monde par la langue. Dans une série d’articles posthumes (1962), Austin constate que souvent, en parlant, nous faisons autre chose qu’affirmer. Nous promettons, nous demandons, nous nous excusons, nous déclarons la guerre, etc. Or, la philosophie du langage, à travers la pensée qu’elle a générée depuis longtemps, s’est intéressée exclusivement à une seule manière d’utiliser le langage, celle d’affirmer. Elle a essayé, en effet, d’établir la façon dont on peut attribuer des valeurs de vérité à nos énoncés. De ce fait, la théorie...

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