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Atomes sous surveillance

Une histoire de la sûreté nucléaire en France

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Cyrille Foasso

Cet ouvrage a reçu le prix Paul Biro 2013 Prévention des risques.

L’accident de Fukushima, 25 ans après la catastrophe de Tchernobyl, est venu rappeler au monde l’ampleur des conséquences possibles d’un accident nucléaire.
Comment s’est construite la gestion du risque nucléaire en France au cours des 70 années d’histoire de cette source d’énergie, tant lors de la conception, la construction ou l’exploitation des centrales ? Comment les spécialistes de la sûreté ont-ils répondu à la question de l’accident maximal à prendre en compte ? Quels ont été les critères de sélection des sites où implanter les installations nucléaires ? À quelle distance minimale des zones fortement peuplées ? C’est ce que découvrira le lecteur dans cet ouvrage qui s’appuie sur des sources d’archives inédites et des entretiens avec ses principaux acteurs.
Sur un plan sociologique, l’ouvrage met en lumière l’évolution du rôle des protagonistes du monde nucléaire français, entre promoteurs industriels, experts de sûreté et ingénieurs de l’administration chargés de son contrôle, dans un contexte mouvant où la sensibilité environnementale de l’opinion vient modifier le dialogue traditionnel entre ingénieurs des grands corps.
Cet ouvrage livre ainsi une grande fresque où les acteurs sont aussi bien les neutrons, les grandes agences gouvernementales, les colloques internationaux, que les ingénieurs du Corps des Mines ou les manifestations d’opposants.

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Préface 13

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13 Préface Le 6 août 1945, la ville d’Hiroshima fut détruite par la première bombe atomique de l’histoire. Il était 8h16 et il faisait beau. Les habi- tants de la ville vaquaient à leurs occupations habituelles. Aucune alerte n’avait été donnée. Seize heures plus tard, la Maison Blanche donnait l’annonce de ce bombardement. Ainsi le monde fut informé que l’énergie nucléaire était effectivement maîtrisée. On était passé des visions du futur à la réalité. Les journaux en répandirent la nouvelle. En France, les quotidiens soulignèrent la prouesse scientifique. Seul Albert Camus, à ma connaissance, prit ses distances en s’interrogeant sur les conséquences de cet événement. Pouvait-on faire l’éloge d’une décou- verte si terrible ? se demandait l’écrivain. Et il ajoutait : « Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l’utilisation intelligente des conquêtes scientifiques ». L’année 1954 marque une autre étape. Le président Eisenhower inaugure le premier sous-marin à propulsion nucléaire. Deux ans plus tard, à Marcoule, une première expérience sur ce que sera la filière française de production d’énergie électronucléaire – la filière graphite- gaz abandonnée depuis – est réalisée. Le 4 octobre 1957, une fusée soviétique met en orbite le premier sa- tellite, le Spoutnik. Preuve est faite que des fusées peuvent parcourir des centaines de kilomètres et porter des bombes nucléaires sur des...

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