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Mon voisin, cet ennemi

La politique de sécurité française face aux relations polono-tchécoslovaques entre 1919 et 1939

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Isabelle Davion

Cet ouvrage a reçu le Prix d’Aumale de l’institut de France en 2010.
Lorsque la France reçoit des délégations venues du monde entier pour redessiner l’Europe à la Conférence de la Paix de 1919, son principal souci est déjà de gagner la prochaine guerre face à l’Allemagne. La Tchécoslovaquie et la Pologne sont alors désignées comme les deux piliers de l’architecture de sécurité en Europe centre-orientale à condition que celles-ci acceptent d’accorder leurs lignes diplomatiques et militaires. Quelles initiatives françaises tentent de forcer l’entente entre Prague et Varsovie ? Quelles forces font obstacle à la nécessaire cohérence stratégique de ces trois acteurs qui peinent à devenir partenaires ? Pour saisir toute l’ampleur de cet enjeu central de la politique française à l’Est de l’Allemagne, les aspects militaires, diplomatiques et économiques sont ici croisés, permettant de clarifier les différentes influences qui orientent les relations internationales : marge de manœuvre des gouvernements, processus de décision dans les ministères et les états-majors, poids du ressentiment dans la recherche d’une légitimité internationale. En abordant l’histoire d’un rendez-vous manqué, cet ouvrage éclaire l’une des raisons majeures de l’échec du système de sécurité français de l’entre-deux-guerres, mais aussi l’un des nombreux quiproquo que révèle l’histoire contemporaine des relations entre la France et les nations d’Europe centre-orientale.

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DEUXIÈME PARTIE LE RAPPROCHEMENT POLONO-TCHÉCOSLOVAQUE ET LES ÉVOLUTIONS DE LA SÉCURITÉ COLLECTIVE (1924-1932) 175

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DEUXIÈME PARTIE LE RAPPROCHEMENT POLONO-TCHÉCOSLOVAQUE ET LES ÉVOLUTIONS DE LA SÉCURITÉ COLLECTIVE (1924-1932) 177 CHAPITRE IV Vers la réalisation des objectifs français ? (1924-1926) Les économies des alliées de la France offrent des situations assez contrastées, que l’on peut rapprocher des observations parallèles qui sont faites sur leur situation politique : alors que la Tchécoslovaquie assainit rapidement sa situation monétaire et commerciale, la Pologne n’en finit pas de laisser aux investisseurs français un sentiment d’insécu- rité financière. Il faut dans un premier temps étudier les conditions générales du commerce français, polonais et tchécoslovaque, avant de s’arrêter au domaine hautement stratégique du charbon et du pétrole. En ce qui concerne la question plus précise des investissements réalisés par Schneider-Le Creusot, cette firme parvient, bien que se heurtant comme les agents diplomatiques à l’hostilité entre Prague et Varsovie, à mêler ponctuellement les intérêts économiques polonais et tchécoslovaques, par l’intermédiaire des participations croisées de l’Union européenne industrielle et financière. Les plans militaires français sont, au début des années 1920, appuyés sur le réseau de l’Est. Il est ainsi établi que les aviations polonaise et tchécoslovaque peuvent couvrir l’ensemble du territoire allemand, ce qui est impossible à la France, même en tenant la Rhénanie. Dans les négociations du traité franco-tchécoslovaque, le Quai d’Orsay est de- mandeur. Pour timor...

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