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Mon voisin, cet ennemi

La politique de sécurité française face aux relations polono-tchécoslovaques entre 1919 et 1939

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Isabelle Davion

Cet ouvrage a reçu le Prix d’Aumale de l’institut de France en 2010.
Lorsque la France reçoit des délégations venues du monde entier pour redessiner l’Europe à la Conférence de la Paix de 1919, son principal souci est déjà de gagner la prochaine guerre face à l’Allemagne. La Tchécoslovaquie et la Pologne sont alors désignées comme les deux piliers de l’architecture de sécurité en Europe centre-orientale à condition que celles-ci acceptent d’accorder leurs lignes diplomatiques et militaires. Quelles initiatives françaises tentent de forcer l’entente entre Prague et Varsovie ? Quelles forces font obstacle à la nécessaire cohérence stratégique de ces trois acteurs qui peinent à devenir partenaires ? Pour saisir toute l’ampleur de cet enjeu central de la politique française à l’Est de l’Allemagne, les aspects militaires, diplomatiques et économiques sont ici croisés, permettant de clarifier les différentes influences qui orientent les relations internationales : marge de manœuvre des gouvernements, processus de décision dans les ministères et les états-majors, poids du ressentiment dans la recherche d’une légitimité internationale. En abordant l’histoire d’un rendez-vous manqué, cet ouvrage éclaire l’une des raisons majeures de l’échec du système de sécurité français de l’entre-deux-guerres, mais aussi l’un des nombreux quiproquo que révèle l’histoire contemporaine des relations entre la France et les nations d’Europe centre-orientale.

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TROISIÈME PARTIE LES RÉACTIONS EN ORDRE DISPERSÉ FACE AUX AGRESSIONS DIPLOMATIQUES (1933-1939) 281

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TROISIÈME PARTIE LES RÉACTIONS EN ORDRE DISPERSÉ FACE AUX AGRESSIONS DIPLOMATIQUES (1933-1939) 283 CHAPITRE VI Des solutions divergentes face à l’Allemagne (1933-1934) Face à l’arrivée de Hitler à la chancellerie, la France agit dans deux directions : les négociations multilatérales et, toujours, l’espoir d’un sursaut polono-tchécoslovaque. À l’est de l’Allemagne, Polonais et Tchécoslovaques expriment des inquiétudes communes : après la signa- ture du pacte polono-soviétique de 1932, Prague semble à son tour prête à revoir ses positions et prendre des engagements contre la menace allemande. L’urgence se fait sentir de trouver sa position au sein de relations européennes de plus en plus déstabilisantes. De même, par le biais du chantier Silésie-Baltique, qui est loin de laisser la Tchécoslova- quie totalement indifférente, Paris a l’occasion de prouver la corrélation entre ses projets de défense et les intérêts propre aux Polonais et aux Tchèques. De la même façon, les entrepreneurs français font appel au Quai d’Orsay pour obtenir des conditions privilégiées sur les marchés est-européens, y compris à l’encontre des produits tchécoslovaques. La Conférence sur le désarmement se réunit donc sur fond de boule- versements diplomatiques – en Mandchourie notamment –, écono- miques, et politiques avec le succès des nazis en Allemagne. Paris, Prague et Varsovie sont d’accord sur le principe de garantir la sécurité avant de désarmer et collaborent activement au sein de la commission pr...

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