Show Less

Littérature orale africaine

Nature, genres, caractéristiques et fonctions

Series:

Crispin Maalu-Bungi

La forme orale de la littérature africaine demeure peu ou mal connue, malgré sa reconnaissance par les milieux scientifiques, au XIX e siècle, comme une littérature à part entière. Premier du genre en langue française, cet ouvrage en donne une vue d’ensemble et répond ainsi à une demande à laquelle nombre de publications spécialisées – anthologies, études de genres, approches méthodologiques – n’ont pu donner entière satisfaction.
L’auteur y circonscrit le concept jadis controversé de littérature orale, explique sa genèse ainsi que celle des termes et expressions en usage (littérature (orale) traditionnelle, littérature non écrite, littérature populaire, littérature folklorique/folklore, art oral/art verbal/art de la parole, style oral, orature, etc.). Il repense ensuite celui de littérarité, particulièrement en contexte d’oralité, moins en termes de propriétés textuelles internes que comme un acte perfomanciel induisant des stratégies ethnopoétiques grâce auxquelles le plaisir esthétique provient aussi bien de ce qu’on entend que de ce qu’on voit. La deuxième partie de cet ouvrage fondateur, de loin la plus importante, est consacrée à la description des principaux genres littéraires dans leur mode d’existence et dans leurs formes les plus représentatives, et traite avec rigueur de la nature, des caractéristiques et des fonctions principales de la littérature orale africaine.

Prices

Show Summary Details
Restricted access

Introduction générale

Extract

Le concept de « littérature africaine » évoque généralement celui de « folklore », l’un et l’autre ayant été, dès leur apparition, l’objet de nombreuses controverses au sujet de leurs nature et contenu véritables. Néanmoins, si le deuxième continue de susciter quelques ressentiments parmi les intellectuels africains qui, à cause des connotations péjoratives dont ce terme fut longtemps chargé, ne l’utilisent pas sans réticence, le premier par contre, en dépit des contestations légitimes des défenseurs du courant dit « nationalitaire »1, réunit une certaine unanimité sur ses formes principales – orale et écrite – dont le moins qu’on puisse dire est qu’elles se démarquent sensiblement l’une de l’autre, tant par leurs modes d’existence, leurs composantes que par leurs finalités. Quoique plus pratiquée et socialement plus intégrée que la forme écrite du fait des langues du terroir dans lesquelles elle s’exprime et de son dynamisme qui lui permet de s’adapter aux nouveaux contextes de notre civilisation, la forme orale, cette autre manière de nommer la littérature orale, demeure encore peu ou mal connue, malgré l’intérêt que les scientifiques lui accordent, depuis sa reconnaissance vers le milieu du 19e siècle, comme une littérature à part entière, comme une partie de la littérature du monde. Cela est d’autant plus vrai que pour bien des gens, en Afrique comme ailleurs, l’expression « littérature afri- caine » est presque synonyme de « littérature d’expression anglaise, française et portugaise...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.