Show Less

Littérature orale africaine

Nature, genres, caractéristiques et fonctions

Series:

Crispin Maalu-Bungi

La forme orale de la littérature africaine demeure peu ou mal connue, malgré sa reconnaissance par les milieux scientifiques, au XIX e siècle, comme une littérature à part entière. Premier du genre en langue française, cet ouvrage en donne une vue d’ensemble et répond ainsi à une demande à laquelle nombre de publications spécialisées – anthologies, études de genres, approches méthodologiques – n’ont pu donner entière satisfaction.
L’auteur y circonscrit le concept jadis controversé de littérature orale, explique sa genèse ainsi que celle des termes et expressions en usage (littérature (orale) traditionnelle, littérature non écrite, littérature populaire, littérature folklorique/folklore, art oral/art verbal/art de la parole, style oral, orature, etc.). Il repense ensuite celui de littérarité, particulièrement en contexte d’oralité, moins en termes de propriétés textuelles internes que comme un acte perfomanciel induisant des stratégies ethnopoétiques grâce auxquelles le plaisir esthétique provient aussi bien de ce qu’on entend que de ce qu’on voit. La deuxième partie de cet ouvrage fondateur, de loin la plus importante, est consacrée à la description des principaux genres littéraires dans leur mode d’existence et dans leurs formes les plus représentatives, et traite avec rigueur de la nature, des caractéristiques et des fonctions principales de la littérature orale africaine.

Prices

Show Summary Details
Restricted access

CHAPITRE 1. Qu’est-ce que la littérature orale ?

Extract

17 CHAPITRE 1 Qu’est-ce que la littérature orale ? 1. Les concepts de « littérature » et « littérature orale » Pour définir la « littérature orale », il convient de savoir d’abord ce qu’est la littérature. En effet, ce dernier terme a été l’objet de diverses définitions dont nous retiendrons, à titre d’exemple, celle que nous propose R. Colin, à savoir que la littérature est « un usage de mots qui les rend porteurs d’un message dont la forme et le fond intéressent tous les hommes » (Colin, b-16)1. Cependant, actuellement, l’on admet généralement à la suite du fran- çais R. Queneau, que la littérature est « l’usage esthétique du langage ». Comparée aux autres, cette dernière définition présente trois avantages, à savoir : 1) Elle permet de dépasser les limites que l’étymon impose au mot « littérature », qui vient du latin « litteratura », de « littera(e) » qui signi- fie « lettre », « écriture » et par extension « Belles-Lettres ». Ce mot renvoie donc à quelque chose d’écrit ou d’imprimé, c’est-à-dire plus exactement à l’écriture. Ainsi, vu sous cet angle, le terme « littérature » se réfère exclusivement au langage écrit et devrait par conséquent exclure toute production qui n’utiliserait pas ce mode d’expression. La définition de R. Queneau permet par conséquent de surmonter cette difficulté et de ne pas restreindre l’usage de ce terme au seul langage écrit, comme l’implique son étymologie, ainsi qu’il l’explique lui- même : « Si en effet, il y a...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.