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L’autre au miroir de la scène

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Edited By Catherine Dumas and Karl Zieger

Le théâtre est un lieu d’observation, un lieu de projection de l’imaginaire, dans lequel apparaît « l’Autre ». Celui-ci se révèle un objet composite, qui conjugue objectivité et fantasme, illusion et décryptage du réel.
Prenant en compte des œuvres dramatiques de l’Antiquité jusqu’au XXI e siècle, le présent ouvrage propose analyses et réflexions sur la manière dont l’art dramatique s’empare, depuis toujours, de cet imaginaire de l’altérité, selon les codifications et les langages (verbal et/ou scénique) qui lui sont propres. Suivant cela, l’art du spectacle aggrave-t-il les stéréotypes, ou, au contraire, contribue-t-il à les modifier, parfois de façon inattendue, au nom de valeurs plus ou moins explicites ?
En mettant à profit des approches relevant des travaux sur l’imagologie et sur les stéréotypes nationaux, des transferts culturels et des études de réception, les différentes contributions qui composent cet ouvrage étudient dans quelle mesure la notion d’altérité varie dès lors que l’on prend en compte une production théâtrale de différentes aires nationales et de diverses époques. Cette production s’avère alors plus ou moins marquée par les codes ou préoccupations identitaires, voire par la reconnaissance des singularités de l’Autre. Celles-ci peuvent être nationales, religieuses ou sociales. L’Autre est aussi représentant de l’Ailleurs. Il peut prendre les traits du voyageur, de l’étranger qui tranche sur les autres personnages par son costume et ses manières, son langage ou ses valeurs. Cette figure souvent dérangeante connaît de multiples incarnations et suscite le mépris ou l’amusement, la fascination ou le rejet.

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PREMIÈRE PARTIE : ANTIQUITÉ ET MOYEN-ÂGE

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PREMIÈRE PARTIE ANTIQUITÉ ET MOYEN-ÂGE 19 L’adaptation des comédies grecques à Rome comme lieu d’élaboration d’une évolution des mœurs et des idées romaines L’exemple de Plaute Nathalie LHOSTIS AMN de Lettres classiques à l’ENS-LSH (Lyon) Plaute a imité des comédies écrites par des dramaturges grecs, c’est- à-dire qu’il les a traduites en latin et qu’il les a adaptées au public romain, à ses attentes et à ses goûts en termes dramaturgiques, esthé- tiques et culturels. Du fait de cette imitation, la comédie latine donne à voir une intrigue qui se passe dans le monde grec. Le lieu de l’action est explicitement une ville grecque, le plus souvent Athènes ; les person- nages sont donc grecs. Ce genre est d’ailleurs appelé comoedia palliata, ou « comédie jouée en costume grec » par opposition à la comoedia togata (comédie jouée en toge) : il faut donc imaginer un décor, des costumes laissant voir la mise en scène d’un monde qui apparaît d’emblée comme grec. Soulignons cependant l’existence de deux phénomènes : d’une part, le caractère globalement transposable des éléments de l’intrigue du modèle, d’autre part, la mise en place de ce que l’on peut appeler le masque grec. En effet, d’une façon générale, sont portés sur scène des éléments généraux, compréhensibles ou, du moins, plus ou moins transposables d’une civilisation à l’autre. En effet, le monde de la palliata est...

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