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L’autre au miroir de la scène

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Edited By Catherine Dumas and Karl Zieger

Le théâtre est un lieu d’observation, un lieu de projection de l’imaginaire, dans lequel apparaît « l’Autre ». Celui-ci se révèle un objet composite, qui conjugue objectivité et fantasme, illusion et décryptage du réel.
Prenant en compte des œuvres dramatiques de l’Antiquité jusqu’au XXI e siècle, le présent ouvrage propose analyses et réflexions sur la manière dont l’art dramatique s’empare, depuis toujours, de cet imaginaire de l’altérité, selon les codifications et les langages (verbal et/ou scénique) qui lui sont propres. Suivant cela, l’art du spectacle aggrave-t-il les stéréotypes, ou, au contraire, contribue-t-il à les modifier, parfois de façon inattendue, au nom de valeurs plus ou moins explicites ?
En mettant à profit des approches relevant des travaux sur l’imagologie et sur les stéréotypes nationaux, des transferts culturels et des études de réception, les différentes contributions qui composent cet ouvrage étudient dans quelle mesure la notion d’altérité varie dès lors que l’on prend en compte une production théâtrale de différentes aires nationales et de diverses époques. Cette production s’avère alors plus ou moins marquée par les codes ou préoccupations identitaires, voire par la reconnaissance des singularités de l’Autre. Celles-ci peuvent être nationales, religieuses ou sociales. L’Autre est aussi représentant de l’Ailleurs. Il peut prendre les traits du voyageur, de l’étranger qui tranche sur les autres personnages par son costume et ses manières, son langage ou ses valeurs. Cette figure souvent dérangeante connaît de multiples incarnations et suscite le mépris ou l’amusement, la fascination ou le rejet.

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TROISIÈME PARTIE : IMAGES DE L’AUTRE, IMAGES DUMÊME

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TROISIÈME PARTIE IMAGES DE L’AUTRE, IMAGES DU MÊME 127 De Goliath au Fils prodigue L’Ottoman et l’hérétique au crible d’une exégèse théâtrale catholique à Vienne au XVIe siècle Clarisse ROCHE Doctorante à l’Université Paris-Sorbonne « Après que j’ai considéré cette époque périlleuse et difficile […], [et] parce que l’entendement humain saisit et retient parfois plus vite et davantage quelque chose grâce à des exemples visuels, en l’honneur de Dieu et pour le bien de la jeunesse, j’ai décidé de rédiger en vers la belle histoire de Judith, histoire chrétienne et consolatrice, voulant rapporter à l’homme du commun un modèle alors que Dieu tout puissant veut nous frapper […], nous pauvres pécheurs, de la troisième peine, à savoir le tyran cruel, inhumain et insupportable, l’ennemi héréditaire du Christ et de ses croyants : le Turc »1. En ces termes Wolfgang Schmeltzl justifiait 1 Schmeltzl, Wolfgang, Gesammelte Schriften in zwei Bänden. Band : Das drama- tische Werk, édition critique de Cora Dietl et Manfred Knedlik, Litt Verlag, Wien, 2009, Comoedia Judith, dédicace, p. 5 : « Demnach ich die gefärlichen und schweren zeit […] betracht […]dieweil der menschlich verstanndt durch das gsicht je züzeitten mit exempeln vhill ehe und mer ein ding fasset und behellt / Got zu Eer / der jugent zü güt die schönen tröstlichen und Christlichen historiam Judith für mich genomen jn Reim verfast / dem gemaynen man zu einem ebenpildt für zutragen...

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