Show Less

Jean Kobs (1912–1981)

La poésie comme mode de vie et de pensée- Textes réunis et présentés par Laurent Fels

Edited By Laurent Fels

Il aura fallu attendre à la fois le centenaire de sa naissance et le trentenaire de sa mort pour que Jean Kobs sorte enfin du purgatoire littéraire dans lequel l’insensibilité et les servitudes matérielles d’un XXI e siècle l’ont confiné. Et pourtant, celui qui accepte d’entrer par la petite porte dans une œuvre riche de plus de 1600 poèmes l’aura compris : Kobs, par sa sensibilité hors du commun, son érudition et sa fidélité à autrui comme à soi-même ne pouvait demeurer dans les oubliettes de l’Histoire littéraire. Que la poésie de Jean Kobs commence à être présente dans les revues et les anthologies est peut-être dû à l’ironie du sort : si l’époque contemporaine est peu favorable aux créations littéraires, c’est aussi le profond malaise par lequel elle est marquée depuis quelques décennies qui amène certains à chercher dans les milieux artistiques la consolation qu’ils ne sauraient trouver ailleurs. À ceux-là, si peu nombreux soient-ils, la redécouverte de l’art classique, avec ses formes rigoureuses et sa langue châtiée, sert d’échappatoire et restitue, ne fût-ce que sur le plan intellectuel, les structures dont la société moderne se voit privée.

Prices

Show Summary Details
Restricted access

TROISIÈME PARTIE. LA SOLITUDE EN PARTAGE

Extract

TROISIÈME PARTIE LA SOLITUDE EN PARTAGE Témoignages littéraires 175 Évocation d’une rencontre avec un poète : Jean Kobs André SCHMITZ Pourquoi – mais pourquoi pas, il est vrai ! – me suis-je mis en tête, ce dimanche d’un été depuis longtemps passé et dépassé, de rendre visite dans un petit village ardennais, Dinez, près d’Houffalize, à quelqu’un qui m’était totalement inconnu : Jean Kobs, le curé du vil- lage ! Aucune intention pieuse de ma part, mais simplement celle de faire connaissance de cet abbé, dont la presse locale venait d’annoncer (avec tous les superlatifs d’usage !) la découverte d’un poète important et la publication à Paris d’un livre de poésie dont je ne savais évidemment rien. Mes 18 ans étaient émus de rencontrer un poète inconnu et vivant ! – habitant non loin de mon village natal où je passais mes vacances. Ému et quelque peu amusé, j’allais sans doute rencontrer un bon curé de campagne plus qu’un vrai poète, mais savais-je ce qu’était un vrai poète, à cet âge et à cette époque ! Je sonne à la porte du presbytère. On me fait entrer dans un bureau surchargé de livres. On me prie de patienter. « Monsieur le curé » termine la célébration des vêpres dominicales. Une dizaine de minutes plus tard, Jean Kobs me serre la main. Je lui demande d’excuser mon intrusion. Ne vous excusez pas. Je suis payé pour rendre service (ou quelque chose de ce genre). Je suis venu voir un...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.